Cinq personnes accusées d'avoir pris part à un trafic de bébés avec le Nigeria ont été arrêtées puis écrouées au Bénin, a déclaré samedi un porte-parole de la police béninoise.

«Cinq personnes ont été arrêtées mardi et ont été présentées au procureur ce mercredi puis écrouées à la prison civile de Cotonou», a déclaré à l'AFP Adrien Tchomakou, précisant que ces personnes sont accusées de «faux et usage de faux, trafic et complicité de trafic d'enfants dans la sous-région».

Une vingtaine de personnes ont déjà été arrêtées le mois dernier au Niger voisin dans le cadre du démantèlement d'un trafic présumé de bébés venant du Nigeria et transitant par le Bénin.

M.Tchomakou n'a pas pu préciser s'il s'agissait du même réseau que celui démantelé au Niger mais il a ajouté que «la police béninoise a été au Nigéria pour la reconstitution des faits».

Selon des sources nigériennes, les bébés retrouvés à Niamey le mois dernier venaient du Nigeria via le Bénin.

Des «usines à bébés», sortes de cliniques privées accueillant des femmes enceintes avant de vendre leurs bébés, sont régulièrement démantelées au Nigeria.

Des cas de viols ont déjà été rapportés, mais il s'agit le plus souvent de jeunes femmes confrontées à des grossesses non désirées, qui s'y rendent d'elles-mêmes ou suite à des pressions de leur entourage, selon les autorités du Nigeria.

Les nouveau-nés sont vendus plusieurs milliers d'euros, les garçons valant plus cher que les filles. Les mamans, elles, reçoivent quelques centaines d'euros.

Au Niger, l'affaire a pris une tournure très politique, puisque parmi les personnes interpellées figure une des épouses du président du Parlement, Hama Amadou, le principal opposant au président Mahamadou Issoufou.