Éthiopie: 10 journalistes et blogueurs inculpés de «terrorisme»

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Sur sa page Facebook, Zone9 lance un appel pour libérer les blogueurs et journalistes.

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Agence France-Presse
ADDIS ABEBA

Dix journalistes et blogueurs éthiopiens, détenus depuis près de trois mois, ont été inculpés vendredi de «terrorisme» par la justice, qui les accuse de liens avec un mouvement interdit.

Ces sept contributeurs du blogue Zone9 et trois journalistes de diverses publications éthiopiennes ont été arrêtés les 25 et 26 avril. Leur sort a été vivement dénoncé par des organisations de défense de la presse.

Le groupe de blogueurs et journalistes est accusé d'avoir préparé des attaques en Éthiopie et d'agir en collusion avec le mouvement interdit Ginbot 7, basé aux États-Unis et considéré comme une organisation terroriste par Addis Abeba.

«Ils ont été formés pour fabriquer des explosifs et prévoyaient d'y former d'autres personnes», a déclaré le juge Tareke Alemayehu.

Le blogue Zone9 évoque l'actualité politique et sociale sur un ton souvent critique à l'égard du pouvoir.

Ce travail sert de couverture à des activités «clandestines», a affirmé le juge, accusant les suspects de chercher à «déstabiliser la nation».

Neuf des accusés - le 10e était absent - ont adressé sourires et saluts à leurs proches quand ils sont entrés dans la salle d'audience bondée.

L'avocat de huit des suspects a rejeté les accusations. «Nous ne pensons pas qu'il y ait là une once de crédibilité», a déclaré Amaha Mekonnen à l'AFP.

Human Rights Watch (HRW) a condamné ces inculpations et accusé l'Éthiopie de «tourner en dérision son propre système judiciaire».

«S'abriter derrière une loi antiterroriste abusive pour poursuivre des blogueurs et des journalistes qui font leur travail est une insulte à la Constitution éthiopienne», a dit à l'AFP la directrice adjointe de HRW pour l'Afrique.

Des ONG de défense des droits de l'Homme comme HRW accusent le régime éthiopien de se servir de cette loi controversée pour étouffer la liberté d'expression et museler les dissidences.

Cette loi a abouti à l'emprisonnement de plusieurs journalistes, dont deux Suédois condamnés à 11 ans de prison en 2012. Ils avaient été graciés au bout de 15 mois.

Le blogueur Eskinder Nega purge actuellement une peine de 18 ans de prison pour ses liens avec Ginbot 7, qui appelle au renversement du parti au pouvoir.

La situation de la liberté de la presse en Éthiopie est considérée comme l'une des plus préoccupantes au monde.

Le procès des blogueurs et journalistes doit reprendre le 4 août.




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