L'épidémie d'Ebola «hors de contrôle» selon MSF

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Selon des bilans pour les trois pays communiqués lundi par l'Organisation mondiale de la Santé, la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia ont enregistré depuis le début de l'année 567 cas de fièvre hémorragique.

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Agence France-Presse
DAKAR

La Guinée, le Liberia et la Sierra Leone comptent «60 foyers actifs» de fièvre hémorragique en grande partie due au virus Ebola, aujourd'hui «hors de contrôle» et qui menace de se propager à d'autres zones, a indiqué lundi l'ONG Médecins sans frontières (MSF).

Cette épidémie «est d'une ampleur sans précédent de par sa répartition géographique, de par le nombre de cas et le nombre de victimes», a affirmé MSF dans un communiqué reçu par l'AFP à Dakar.

«60 foyers actifs ont également été identifiés dans ces trois pays», a ajouté MSF, sans préciser la répartition géographique de ces foyers.

«L'épidémie est hors de contrôle. Avec l'apparition de nouveaux foyers en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia, le risque d'une propagation à d'autres zones est aujourd'hui réel», a averti le docteur Bart Janssens, directeur des opérations de MSF.

Selon des bilans pour les trois pays communiqués lundi par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia ont enregistré depuis le début de l'année 567 cas de fièvre hémorragique, dont 385 ont été confirmés par des analyses comme étant dus au virus Ebola. On y dénombre 350 morts sur les 567 cas recensés, soit un taux de décès de près de 62%.

La Guinée, d'où la flambée est partie, est le pays le plus affecté avec 390 cas de fièvre (dont 267 mortels). Les analyses ont confirmé la présence d'Ebola dans 258 cas sur les 390. Parmi les zones les plus affectées, figurent Guéckédou, Macenta (sud) et Conakry, la capitale, ainsi que Telimélé, Boffa (ouest) et Kouroussa (est), d'après l'OMS.

De même source, la Sierra Leone a dénombré 136 cas de fièvre dont 58 mortels. 103 des 136 cas ont été confirmés comme étant dus à Ebola. L'épidémie affecte essentiellement les régions Kailahun et Kenema (est).

Depuis le 13 juin et jusqu'à nouvel ordre, les écoles du district de Kailahun sont fermées et les rassemblements publics interdits par le gouvernement.

Selon des résidents joints lundi par l'AFP dans ce district, la peur d'Ebola a poussé les populations à réduire leurs déplacements et éviter les contacts physiques au maximum.

Grâce à la campagne de sensibilisation, les habitants ont compris les risques et prennent des précautions individuelles, a indiqué Momodu Momoh, directeur d'école. Selon lui, beaucoup se promènent en permanence avec des solutions chlorées qu'ils utilisent comme désinfectant.

Au Liberia, selon l'OMS, il a été comptabilisé 41 cas (dont 24 mortels) de fièvre hémorragique et sur ce total, 25 ont été confirmés comme étant dus à l'Ebola. Les régions de Lofa (nord-ouest) et Montserrado (ouest), où est située la capitale Monrovia, font partie des régions les plus touchées. Des cas ont aussi été rapportés dans celles de Margibi (nord-ouest) et Nimba (nord).

Les humanitaires et autorités sanitaires ont expliqué faire face à un nouveau pic depuis fin mai, après avoir constaté une baisse des nouveaux cas entre avril et mai.

Selon MSF, «la recrudescence de cas d'Ebola en Afrique de l'Ouest est due à la mobilité de la population qui assiste à des funérailles où les mesures de contrôle de l'infection ne sont pas appliquées».

Le virus Ebola est hautement contagieux et mortel dans 25 à 90% des cas, selon l'OMS. Il se transmet à l'homme à partir d'animaux sauvages et se propage ensuite d'homme à homme. Il n'y a pas de vaccin ni de traitement spécifique contre la fièvre Ebola.

«La multiplication des zones touchées rend difficile la prise en charge des patients et le contrôle de l'épidémie», a affirmé MSF, qui compte «actuellement près de 300 travailleurs expatriés et nationaux» dans les trois pays où elle a pris en charge dans ses centres de traitement depuis mars «près de 470 patients dont 215 cas confirmés» d'Ebola selon son communiqué.

Elle ne peut plus envoyer des équipes sur les nouveaux foyers «qui nécessitent pourtant une prise en charge urgente», a dit l'ONG.




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