Une soeur missionnaire québécoise libérée

Membre de la Congrégation de Notre-Dame depuis 1957,... (Photo fournie par la Congrégation Notre-Dame)

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Membre de la Congrégation de Notre-Dame depuis 1957, Soeur Bussière a enseigné au Québec pendant 20 ans, notamment dans la région de Lac-Mégantic, avant de s'envoler pour le Cameroun, en 1979.

Photo fournie par la Congrégation Notre-Dame

Soulagement au sein de la Congrégation de Notre-Dame. Leur consoeur, Gilberte Bussière, missionnaire au Cameroun kidnappée avec deux prêtres italiens en avril dernier, a été libérée par ses ravisseurs, dimanche.

«C'était une joie immense d'apprendre sa libération. Gilberte, c'est une femme très ardente, passionnée et résiliente. S'il y en avait une qui pouvait passer au travers de cette épreuve, c'est bien elle», a expliqué avec enthousiasme son amie, Soeur Émilie Maddrix, en entrevue avec La Presse

Originaire d'Asbestos, Soeur Bussière, 74 ans, a été enlevée par un groupe armé à sa résidence dans la ville de Tchéré, au Cameroun, le 5 avril dernier. 

Ayant souffert récemment du cancer, ses proches s'inquiétaient pour son état de santé, alors qu'elle était privée de ses médicaments. 

«On était angoissé et on s'imaginait toutes sortes de choses. On savait aussi qu'elle était malade et qu'elle devait prendre des médicaments, ce qui nous inquiétait encore plus. Mais là, tout va bien et on est très contents», a confié son cousin, Michel Bélanger. 

Membre de la Congrégation de Notre-Dame depuis 1957, Soeur Bussière a enseigné au Québec pendant 20 ans, notamment dans la région de Lac-Mégantic, avant de s'envoler pour le Cameroun, en 1979. 

«Elle s'est toujours occupée de la formation des maîtres. Elle était appréciée de la communauté locale, c'était quasiment la mère de la colonie. Elle a beaucoup d'impact sur les jeunes filles qui veulent devenir enseignantes», a expliqué Soeur Maddrix, qui a travaillé avec elle pendant près de sept ans lors d'une mission en Afrique. 

«Nous savions aussi qu'elle avait été malade, récemment, mais sinon c'était une femme très forte. Nous, on contractait la malaria, mais elle non. Les moustiques ne s'approchaient même pas d'elle, je pense, tellement elle avait de l'énergie», se rappelle son ancienne collègue. 

Le monde politique et diplomatique soulagé 

À Ottawa comme à Québec, le monde politique s'est réjoui de sa libération. 

«Nous sommes ravis et soulagés d'avoir reçu la confirmation du gouvernement du Cameroun de la libération d'une citoyenne canadienne et de deux Italiens qui avaient été enlevés. Nous tenons à remercier les autorités camerounaises et italiennes pour leur soutien» a affirmé un porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères, dont des responsables devaient la rencontrer dimanche dans la ville de Yaoundé, où elle se trouve pour l'instant. 

«C'est avec une immense joie que j'ai appris ce matin la libération de Soeur Gilberte Bussière, d'autant plus qu'elle est en bonne santé, me dit-on», a pour sa part affirmé la ministre québécoise des Relations internationales, Christine St-Pierre. 

Cette histoire n'était toutefois pas suivie qu'au Canada. À Rome, en Italie, le porte-parole du Vatican, Frederico Lombardi, a affirmé que le pape François avait suivi l'affaire depuis les débuts. 

«Nous remercions Dieu que cette histoire se soit bien terminée. Nous continuons de prier et de nous engager pour que la violence, la haine et les conflits dans les différentes régions d'Afrique et ailleurs dans le monde puissent prendre fin», a-t-il déclaré. 

Qui sont les ravisseurs? 

Aucune information n'a pour l'instant filtré concernant les auteurs de l'attaque qui a été perpétrée le printemps dernier contre la soeur missionnaire québécoise et ses deux collègues italiens, Giampaolo Marta et Gianantonio Allegri.

Ce printemps, le ministère des Affaires étrangères du Canada a demandé aux membres de la Congrégation Notre-Dame et aux médias de rester discrets sur la situation. «Il ne fallait pas trop en parler, le temps des négociations. C'est ce qu'Ottawa nous a dit», a expliqué Soeur Émilie Maddrix. 

Dans les heures qui ont suivi l'enlèvement, la radio du Vatican avait évoqué la possibilité que le groupe islamiste Boko Haram soit impliqué. Mouvement principalement concentré dans le nord du Nigeria, leur soulèvement aurait fait des milliers de morts ces cinq dernières années. Ce groupe n'a toutefois jamais revendiqué le kidnapping des religieux. 

Selon les premières informations transmises, Gilberte Bussière devrait revenir au pays sous peu. Cette visite pourrait toutefois être de courte durée, puisque cette amoureuse du Cameroun, qui y a passé une bonne partie de sa vie, pourrait y retourner prochainement afin de poursuivre sa mission. 

- Avec La Presse Canadienne et l'Associated Press 




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