Ban Ki-moon au Soudan du Sud dans le cadre des efforts de paix

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et... (Photo Charles Lomodong, Agence France-Presse)

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Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et le président sud-soudanais Salva Kiir.

Photo Charles Lomodong, Agence France-Presse

Waakhe Simon Wudu
Agence France-Presse
Juba

Le secrétaire général de l'ONU a indiqué mardi à Juba avoir reçu l'assurance du président Salva Kiir et de son ancien vice-président Riek Machar, dont les troupes s'affrontent depuis mi-décembre au Soudan du Sud, qu'ils se rencontreraient prochainement à Addis Abeba.

Ban Ki-moon s'est rendu mardi au Soudan du Sud pour appuyer les actuels efforts internationaux visant à mettre fin à la guerre civile, accompagnée de massacres ethniques, qui ensanglante la plus jeune nation du monde.

«Selon le président Salva Kiir, ils doivent se rencontrer le 9 (mai)», a déclaré Ban Ki-moon à la presse à Juba. Il a ajouté que M. Machar, qui a pris mi-décembre la tête de troupes rebelles après avoir été accusé de coup d'État, lui avait assuré par téléphone «qu'il serait présent» à Addis Abeba, sans garantir pouvoir être là dès vendredi.

M. Machar a promis «qu'il ferait de son mieux, car il se trouve dans une zone reculée», a indiqué M. Ban. Riek Machar a fui dimanche la localité de Nasir, QG de sa rébellion près de la frontière éthiopienne, reprise par l'armée sud-soudanaise.

Le dernier séjour de M. Ban au Soudan du Sud remontait à juillet 2011, pour les festivités de proclamation de l'indépendance, censée tourner la page de deux décennies (1983-2005) de guerre destructrice et meurtrière contre Khartoum.

Sa visite mardi, après celle, vendredi, du secrétaire d'État américain John Kerry, intervient alors que le pays est menacé, selon l'ONU et Washington, de «génocide» et de «famine».

«Ce conflit qui détruit ce fragile et jeune pays est insensé», a déclaré M. Ban. «Les dirigeants doivent refermer les blessures qu'ils ont ouvertes, faire en sorte que la justice et des comptes soient rendus pour les crimes commis et s'attaquer aux causes profondes du conflit», a-t-il ajouté.

Intenses combats autour de Bentiu

Mardi, d'intenses combats se sont poursuivis autour de Bentiu, capitale de l'État pétrolifère d'Unité (nord) que l'armée tente depuis dimanche de reprendre aux forces de Riek Machar, malgré des menaces de sanctions américaines.

Un cessez-le-feu signé le 23 janvier n'a jamais été appliqué et les actuels pourparlers dans la capitale éthiopienne, destinés à trouver une issue politique au conflit, semblent au point mort.

À Juba, M. Ban a rencontré le président Kiir et visité la base onusienne de Tomping, où près de 20 000 personnes, craignant d'être visées en raison de leur appartenance ethnique, restent refugiées malgré l'absence de combats dans la capitale.

Au total, environ 80 000 Sud-Soudanais terrifiés s'entassent dans des conditions épouvantables dans les huit bases de l'ONU du pays, pour échapper aux combats et aux massacres et atrocités à caractère ethnique visant les civils, attribuables aux deux camps.

À la rivalité à la tête du régime entre MM. Kiir et Machar, se greffent de vieilles rancunes entre peuples dinka et nuer, les deux principales communautés du pays, dont ils sont respectivement issus.

M. Kerry avait menacé à Juba les deux dirigeants de sanctions ciblées s'ils ne mettaient pas fin aux combats et aux attaques contre les civils et avait obtenu leur accord de principe pour une rencontre directe.

Mais dès samedi, au lendemain de son départ, l'armée sud-soudanaise avait lancé une vaste offensive dans le nord et le nord-est du pays, pour reconquérir des localités aux mains du camp Machar.

Lundi, M. Kerry a à nouveau menacé de «graves conséquences» les belligérants s'ils ne respectaient pas leurs promesses sans empêcher les combats de se poursuivre mardi pour le quatrième jour d'affilée autour de Bentiu, petite localité poussiéreuse entourée de champs de pétrole, pour l'essentiel à l'arrêt depuis le début du conflit.

Le ministre sud-soudanais de la Défense Kuol Manyang a assuré mardi à l'AFP que l'armée contrôlait le centre de Bentiu, mais que d'intenses affrontements se poursuivaient dans les faubourgs, à 5 km du centre.

Bentiu a changé plusieurs fois de mains depuis le début du conflit, déclenché par des affrontements mi-décembre au sein de l'armée sud-soudanaise sur fond de tensions alors entre MM. Kiir et Machar à la tête du parti au pouvoir. L'ONU a accusé les forces pro-Machar d'avoir massacré des centaines de civils sur des bases ethniques lorsqu'elles ont repris Bentiu mi-avril.

Des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes ont déjà péri dans les combats et les massacres, qui ont également chassé plus d'un million de Sud-Soudanais de chez eux.




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