Nigeria: la loi homophobe viole les droits de l'Homme, dit l'ONU

Le Nigéria est l'un des 38 pays africains... (Photo THONY BELIZAIRE, AFP)

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Le Nigéria est l'un des 38 pays africains - environ 70% du continent - qui possède des lois persécutant les homosexuels, selon Amnistie internationale. Sur notre photo, un homme opposé au mariage homosexuel brandit une Bible.

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Agence France-Presse
ABUJA

La Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a estimé jeudi que l'interdiction du mariage homosexuel par le Nigeria violait les droits de l'Homme et la constitution du pays.

«Je suis inquiète des implications de la loi récemment votée qui interdit le mariage entre personnes du même sexe», a déclaré Mme Pillay lors d'une rencontre avec le ministre nigérian de la Justice.

«En plus de violer les droits fondamentaux énoncés par le PIDCP (Pacte international relatif aux droits civils et politiques), elle viole également la Charte africaine (des droits de l'Homme) et la Constitution nigériane elle-même», a-t-elle ajouté.

Le président nigérian Goodluck Jonathan avait promulgué début janvier une loi interdisant les unions entre personnes de même sexe et restreignant les droits des homosexuels, très critiquée sur la scène internationale.

La loi, adoptée à l'unanimité par les parlementaires nigérians en mai dernier, prévoit une peine de 14 ans de prison en cas de mariage homosexuel et 10 ans d'emprisonnement contre les personnes de même sexe affichant publiquement leur relation.

Les défenseurs des droits des homosexuels ont prévenu que cette loi, largement soutenue dans ce pays religieux et conservateur, légitimisait la violence homophobe et augmentait les risques de persécutions.

La loi «pourrait avoir des conséquences négatives en terme de santé publique au Nigeria» en empêchant les personnes LGBT d'avoir accès aux informations et aux soins concernant le sida, a prévenu Mme Pillay, qui a appelé les autorités à instaurer un «moratoire sur les poursuites judiciaires».

La loi homophobe nigériane a été instaurée peu après une législation similaire en Ouganda, que le président américain Barak Obama avait qualifiée d'«odieuse» et que le religieux sud-africain Desmond Tutu avait comparée à l'apartheid.




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