Procès de Pistorius: «Des cris à glacer le sang»

À l'ouverture de l'audience, Oscar Pistorius a plaidé... (PHOTO HERMAN VERWEY, REUTERS)

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À l'ouverture de l'audience, Oscar Pistorius a plaidé «non coupable», après que le procureur Gerrie Nel l'eut accusé d'avoir «tué illégalement et intentionnellement» sa compagne Reeva Steenkamp.

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L'affaire Pistorius
L'affaire Pistorius

Accusé du meurtre prémédité de sa petite amie Reeva Steenkamp lors de la nuit de la Saint-Valentin 2013, Oscar «Blade Runner» Pistorius, champion paralympique sud-africain, soutient qu'il a tué sa copine accidentellement, croyant tirer sur un cambrioleur réfugié dans la salle de bain. »

Johannes MYBURGH
Agence France-Presse
Pretoria

Au premier jour du procès d'Oscar Pistorius, une voisine a décrit lundi des «cris à glacer le sang» d'une femme qui pourrait être Reeva Steenkamp, la jeune top-modèle tuée de quatre balles par le champion paralympique.

La vedette des Jeux olympiques de Londres, accusée d'assassinat, a plaidé «non coupable» dès l'ouverture de l'audience. Si la préméditation est reconnue, le Sud-Africain de 27 ans risque une peine incompressible de 25 ans de prison.

Ce procès hors normes, diffusé en direct à la télévision, doit durer trois semaines. L'accusation a marqué des points dès le premier jour avec la déposition de Michelle Burger, une voisine qui affirme avoir entendu des cris de femme «à glacer le sang» suivis de coups de feu dans la nuit du drame.

«Juste après 3 h (du matin), j'ai été réveillée par de terribles cris d'une femme. (...) Elle appelait au secours», a-t-elle témoigné. «J'ai entendu de nouveau des cris. C'était pire qu'avant. Elle était très effrayée. (...) J'ai su que quelque chose de terrible allait arriver.»

Elle dit ensuite avoir entendu quatre coups de feu. Ce qui correspond au nombre de coups de feu tirés par Oscar Pistorius sur son amie à travers la porte fermée de ses toilettes.

«Il y a eu une pause plus longue entre le premier coup de feu et le deuxième, qu'entre le deuxième et les troisième et quatrième», a précisé Mme Burger, qui dit avoir ultérieurement entendu un homme appeler à l'aide.

Selon elle, la femme a crié une dernière fois pendant la rafale de coups de feu, et son cri s'est ensuite «affaibli» juste après le dernier tir.

Le redoutable avocat de la défense Barry Roux a ensuite soumis Mme Burger à un contre-interrogatoire agressif, sans parvenir à déstabiliser cette universitaire sûre de son témoignage.

«Les événements de cette soirée ont été extrêmement traumatisants pour moi. La peur dans la voix de cette femme est difficile à décrire à la cour. (...) J'ai entendu la terreur dans la voix de cette femme», a insisté Michelle Burger, parlant de «cris à glacer le sang».

«J'étais persuadée qu'il y avait une attaque dans la maison par des cambrioleurs, il n'y avait pas de doute dans mon esprit à cause de la peur dans cette voix de femme (...) Ces cris, ces hurlements, étaient pétrifiants, avant les tirs.»



«Intention de tuer»

La défense d'Oscar Pistorius soutient la thèse de la méprise tragique. Selon cette version, le jeune homme aurait entendu du bruit dans les toilettes et paniqué en croyant à l'intrusion d'un cambrioleur. Il aurait alors tiré sans sommation sur la porte fermée des toilettes, tuant «par accident» sa compagne de 29 ans.

«Bien que j'admette avoir infligé les tirs mortels à Reeva, il s'agit d'un accident. (...) Je croyais que Reeva était toujours au lit», a affirmé Pistorius dans une déclaration lue par l'un de ses avocats.

Le procureur Gerrie Nel est cependant persuadé que ce crime sans témoins a été prémédité : la version de l'accusé «n'est pas plausible et doit être rejetée», a-t-il dit dans son propos préliminaire. «L'accusé a tiré sur la victime avec l'intention de tuer».

Alors que l'accusation évoque de violentes disputes entre les deux jeunes gens, Oscar Pistorius a répété lundi que sa relation avec Reeva Steenkamp était sans nuages.

En l'absence de témoin direct du drame, les experts balistiques, médicaux et scientifiques devraient jouer un rôle important. Ils devront notamment faire parler les téléphones portables des deux protagonistes.

Une équipe d'enquêteurs sud-africains s'est rendue spécialement aux États-Unis pour demander l'aide d'Apple et du FBI pour décrypter les informations cachées dans l'iPhone de Pistorius. L'athlète, juste après le meurtre, avait affirmé avoir oublié le mot de passe permettant d'y accéder.

Le procès du champion paralympique doit reprendre mardi à 9 h 30 (2 h 30, heure de Montréal).

Des centaines de journalistes sud-africains et étrangers sont présents à Pretoria pour couvrir l'événement, retransmis à la télévision sous de strictes conditions. À sa demande, le visage de Michelle Burger n'a ainsi pas été montré à l'antenne, et seule sa voix était audible.

Un bouquet satellitaire a été jusqu'à créer une chaîne spéciale dédiée à l'événement.




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