Le Zimbabwe a prononcé lundi une mesure d'amnistie qui bénéficiera à quelque 2000 détenus, principalement des femmes et des mineurs, alors que la faim fait à nouveau des morts dans les prisons du pays selon les associations.

Toutes les femmes détenues seront libérées sauf les condamnées à la perpétuité ou à la peine de mort, tandis que la même clémence sera appliqué aux détenus de moins de 18 ans, «quel que soit le crime ou délit commis», indique le journal officiel.

L'amnistie concerne aussi les malades en phase terminale, ceux de plus de 70 ans et les condamnés à trois ans ou moins ayant déjà accompli un quart de leur peine. Sont cependant exclus les condamnés pour meurtre, viol, braquage de voiture, hold-up, vol de bétail et les personnes purgeant une peine prononcée par un tribunal militaire.

L'an dernier, un groupe d'avocats pour les droits de l'homme (ZLHR) avait dénoncé la mort plus d'une centaine de détenus, notamment du fait du manque de nourriture.

L'année 2008, alors que le pays était en pleine crise économique, plusieurs centaines de détenus étaient morts, et le comité international de la Croix-Rouge (CICR) était ensuite intervenu pour distribuer des couvertures, des vivres et du savon.

Parmi les autres problèmes des prisons zimbabwéennes, le groupe ZLHR dénonce aussi la pénurie d'essence qui empêche le transport de détenus pour assister à leur procès.

Le Zimbabwe comptait en 2013 une population carcérale d'environ 18 460 pour une capacité de 17 000 places.

La nouvelle Constitution du Zimbabwe promulguée en 2013 a aboli la peine de mort pour les femmes ainsi que pour les hommes âgés de moins de 21 ans au moment de leur crime et de plus de 70 ans.