Le nom des esclaves

M'Barka Mint Assatim... (Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

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M'Barka Mint Assatim

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Esclaves des temps modernes
Esclaves des temps modernes

Ils ne sont plus entassés au fond d'une cale pour être vendus sur un autre continent. Mais ils n'ont pas disparu. Au contraire, il y a aujourd'hui 30 millions d'esclaves dans le monde. Comment cette pratique officiellement abolie depuis des lustres peut-elle être toujours aussi répandue ? La réponse n'est pas simple. Nous l'avons cherchée en Inde, en Mauritanie et au Népal, trois pays qui se classent aux premiers rangs des nations esclavagistes de la planète. »

Isabelle Hachey

M'Barka Mint Assatim avait « l'âge où les filles commencent à porter le voile », environ 14 ans, quand elle a eu son premier enfant. C'est sa maîtresse qui a choisi le prénom du bébé : Oueichita.

Un jour, la jeune esclave a vu Biram Dah Abeid, président de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), à la télévision. Sa maîtresse lui a raconté qu'il était mauvais, qu'il semait la zizanie entre les gens. « J'avais très peur de lui. »

Quand M'Barka a accouché d'une seconde fille, c'est à nouveau sa maîtresse qui a choisi son prénom : Doueida.

En Mauritanie, la plupart des esclaves n'ont pas de père. On leur donne des noms génériques, propres aux esclaves. « Ce sont souvent des souhaits de paix ou de prospérité pour les maîtres », explique Hamady Lehbouss, porte-parole de l'IRA.

M'Barka s'est rebellée. Elle s'est enfuie. Mais quand elle a voulu récupérer ses enfants, sa maîtresse a refusé. « Elle m'a dit : "Tu n'as pas de filles. Ce sont mes esclaves." »

Désespérée, M'Barka a contacté Biram, celui qui lui faisait si peur. Ce dernier a ameuté la police, le préfet, les journalistes. L'affaire a fait tant de bruit que M'Barka a pu récupérer ses filles.

Aujourd'hui, M'Barka a 25 ans. Et déjà cinq enfants. C'est elle qui a choisi le prénom du petit dernier. Elle l'a appelé Biram.




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