Le président centrafricain poussé vers la sortie

Michel Djotodia, à l'aéroport de Bangui, le 8... (PHOTO ÉRIC FEFERBERG, ARCHIVES AFP)

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Michel Djotodia, à l'aéroport de Bangui, le 8 janvier.

PHOTO ÉRIC FEFERBERG, ARCHIVES AFP

Le président de la République centrafricaine, Michel Djotodia, qui s'est avéré incapable de mettre un terme aux violences communautaires et interreligieuses qui secouent le pays, a quitté hier ses fonctions sous forte pression internationale. Bien que son départ ait suscité des scènes de liesse dans la capitale, Bangui, la population éprouvée est loin d'être tirée d'affaire.

Exactions

Michel Djotodia avait chassé l'ancien président de la République centrafricaine, François Bozizé, en mars avec l'aide d'une coalition à prédominance musulmane, la Séléka. Ses miliciens, après la prise de pouvoir, ont multiplié les exactions, terrorisant la population chrétienne majoritaire du pays. De violents affrontements avec des groupes d'autodéfense chrétiens ont suivi, amenant les États-Unis et la France à évoquer une situation «prégénocidaire» malgré la présence d'un contingent de 4000 soldats africains. En décembre, à la suite d'une attaque de milices chrétiennes contre la capitale qui a encore fait monter la tension, les Nations unies ont autorisé le déploiement de soldats français pour freiner la violence.

Ingérence

Le président Djotodia a annoncé sa démission à l'issue d'une réunion des dirigeants de la Communauté économique des États d'Afrique centrale (CEEAC), qui avaient entamé jeudi des tractations avec les membres du Conseil national de transition, le parlement provisoire centrafricain, et des représentants des milices. Les discussions se sont déroulées à N'Djamena, au Tchad, sous la gouverne du président Idriss Déby, qui pèse lourdement sur le pays. «Le Tchad a toujours été très influent en République centrafricaine, en particulier depuis une vingtaine d'années. C'est un peu son arrière-cour», note le directeur du Réseau de recherche sur les opérations de paix à l'Université de Montréal, Jocelyn Coulon.

Élections

Des milliers de personnes ont célébré hier dans les rues de Bangui l'annonce du départ du chef d'État centrafricain, en criant à la ronde: «C'est fini, c'est fini.» La situation politique demeure néanmoins incertaine et ses répercussions sécuritaires difficiles à prévoir. Le dirigeant du Conseil national de transition, Alexandre-Ferdinand Nguendet, ancien député d'opposition, a été chargé d'assurer l'intérim en attendant la désignation d'un nouveau président de transition. Il a lancé hier un appel à la «réconciliation nationale». Le chef d'État désigné devra exercer ses fonctions jusqu'à la tenue d'élections générales. La France a demandé hier que le remplacement de Michel Djotodia se fasse «dans les plus brefs délais» afin de permettre la tenue d'un scrutin général avant la fin de l'année.

Peur

La situation humanitaire en République centrafricaine demeure dramatique. Le chef de mission de Médecins sans frontières (MSF) dans le pays, Sylvain Groulx, joint hier à Bangui, rappelle que des centaines de milliers de personnes vivent cachées dans la brousse, où elles ont cherché refuge pour échapper à la violence. Près de la moitié des résidants de la capitale vivent agglutinés dans des camps de fortune, notamment à proximité de l'aéroport. Bien que le nombre de personnes traitées par MSF pour des blessures par balle ou à l'arme blanche ait sensiblement diminué, la population «vit encore dans la peur». Sur le plan sécuritaire, «les prochaines heures et les prochains jours vont être très importants», a souligné M. Groulx.




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