Maroc: manifestation contre la «vie chère» et le gouvernement

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche à Rabat contre la «vie chère»... (Photo d'archives)

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Agence France-Presse
RABAT

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche à Rabat contre la «vie chère» et le gouvernement islamiste d'Abdelilah Benkirane, après la récente augmentation des prix des carburants ou encore du lait, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ce rassemblement, qui s'est déroulé dans le calme, pourrait marquer le coup d'envoi de diverses mobilisations sociales dans le royaume: les transporteurs, en première ligne, ont ainsi menacé d'entreprendre une grève de 72 heures à compter de lundi si leurs revendications ne sont pas satisfaites.

Dimanche, les manifestants - des travailleurs et des familles, mais aussi beaucoup de jeunes -, avaient répondu à l'appel du syndicat UGTM, proche de l'Istiqlal, parti conservateur qui a claqué la porte de la coalition gouvernementale il y a quelques mois.

Ils ont notamment brandi des étendards sur lesquels figurait une main avec un pouce dirigé vers le sol, et scandé de nombreux slogans hostiles à M. Benkirane.

«Nous manifestons contre les produits qui deviennent trop chers, le lait, la viande et maintenant l'essence. Et il n'y a pas de travail. On ne veut plus de (Abdelilah) Benkirane, il n'a rien fait», a confié à l'AFP Hassan Marrakchi, 48 ans.

«On est là pour que la situation change. Il faut augmenter les salaires. Surtout que la hausse des prix, ça devient trop!», a ajouté Redouane Moutahader, 44 ans, venu de Casablanca.

Selon la presse locale, le patron de l'Istiqlal et maire de Fès (centre), Hamid Chabat, avait affrété des centaines de bus pour acheminer les manifestants dans la capitale.

«C'est un message clair adressé au gouvernement qui doit absolument revenir rapidement sur ses décisions (...). Nous appelons à des grèves dans toutes les villes et les campagnes du Maroc», a déclaré M. Chabat lors de ce rassemblement.

Le gouvernement emmené par les islamistes du Parti justice et développement (PJD), qui doit contenir un déficit ayant atteint 7,3 % du PIB en 2012, a décidé d'indexer de manière «partielle» et «limitée» les prix des carburants sur les cours internationaux. Entrée en vigueur mi-septembre, cette décision a aussitôt entraîné une hausse de 5 % à 8 % des prix à la pompe.

Cette mesure est présentée comme le point de départ d'une réforme de la caisse de compensation, qui subventionne à grands frais des produits de base: son coût a explosé, atteignant en 2012 près de 55 milliards de dirhams (4,9 milliards d'euros, 6 % du PIB).

«La force de ce gouvernement est de prendre une décision qui n'est pas populaire, mais doit être prise», a récemment déclaré à l'AFP le ministre responsable de cette réforme, Najib Boulif.

Il a annoncé des mesures d'accompagnement, afin de ne pas entraîner une inflation généralisée, notamment via les coûts de transport. D'après le quotidien L'Économiste, une enveloppe de 150 millions de dirhams va ainsi être débloquée à l'attention de 85 000 conducteurs de taxi.

Le Maroc a également connu une récente hausse de 6 % du prix du lait, «la première depuis 2009», a fait valoir le ministre de l'Agriculture, Aziz Akhannouch.

Sur le plan politique, le gouvernement islamiste doit résoudre au plus vite la question de son remaniement, rendu nécessaire à la suite du passage de l'Istiqlal dans l'opposition.

Le PJD a trouvé un nouvel allié, le Rassemblement national indépendant (RNI, libéral), mais les tractations, qui durent depuis deux mois, piétinent.




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