Des islamistes liés à Al-Qaïda revendiquent l'attentat de Nairobi

Il pourrait s'agir de l'attentat le plus meurtrier... (PHOTO SIMON MAINA, AGENCE FRANCE PRESSE)

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Il pourrait s'agir de l'attentat le plus meurtrier dans la capitale kényane depuis une attaque-suicide d'al-Qaïda en août 1998 contre l'ambassade américaine de Nairobi, qui avait fait plus de 200 morts.

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Aymeric VINCENOT, Nichole SOBECKI
Agence France-Presse
Nairobi, Kenya

Les forces de sécurité kényanes tentaient toujours dimanche matin de déloger une dizaine d'hommes armés, proches des islamistes somaliens shebab, qui retiennent un nombre inconnu d'otages après avoir pris d'assaut samedi un luxueux centre commercial de Nairobi, faisant 39 tués et 150 blessés.

«Le nombre des otages est toujours inconnu, mais ils se trouvent en plusieurs endroits. Les niveaux supérieurs (du centre commercial) ont été sécurisés. Aucune communication n'a pu être établie (avec les islamistes)», a déclaré le Centre national des opérations de catastrophes dans un message posté dimanche matin sur Twitter.

La confrontation se poursuivait tôt dimanche matin, plus de 17 heures après le début de l'attaque, a constaté un journaliste de l'AFP devant le centre commercial «Westgate», toujours cerné par les forces de sécurité kényanes, épaulées par des membres des services de sécurité des chancelleries occidentales, en civil mais souvent l'arme à la main.

«Le travail continue mais vous ne pouvez pas précipiter les choses», a déclaré un officier de l'armée, posté près du périmètre de sécurité entourant le centre commercial.

Une dizaine d'assaillants masqués ont fait irruption samedi vers midi dans le centre commercial bondé du «Westgate Mall», semant mort et chaos parmi les familles faisant leurs courses et les badauds attablés aux terrasses des cafés du bâtiment de quatre étages.

Ils ont ouvert le feu à l'arme automatique et à la grenade sur la foule d'un millier de clients et d'employés du centre, un des lieux de promenade préférés des classes aisées et des expatriés de Nairobi.

Les shebab somaliens, liés à Al-Qaïda, ont revendiqué l'attaque en soirée.

«Les moujahidines ont pénétré aujourd'hui vers midi dans Westgate. Ils ont tué plus de 100 infidèles kényans et la bataille se poursuit», ont affirmé les islamistes sur leur compte Twitter, qui a été suspendu dans la nuit.

«Nous vous avions prévenu!»

«Ce que les Kényans voient à Westgate, c'est de la justice punitive pour les crimes commis par leurs soldats» en Somalie «contre les musulmans», ont-ils écrit, rappelant avoir «prévenu le Kenya à de nombreuses reprises».

L'armée kényane était entrée en 2011 dans le sud de la Somalie où elle s'est maintenue depuis, dans le cadre d'une force africaine soutenant le gouvernement somalien et qui a infligé de nombreuses défaites aux islamistes.

«Le message que nous envoyons au gouvernement et à la population kényane est et sera toujours le même: retirez toutes vos forces de notre pays», ont ajouté les shebab.

L'attentat de samedi pourrait être le plus meurtrier à Nairobi depuis une attaque-suicide d'al-Qaïda en août 1998 contre l'ambassade américaine, qui avait fait plus de 200 morts.

Lors d'une allocution télévisée en fin de soirée, le président kényan Uhuru Kenyatta a annoncé un bilan de 39 morts et 150 blessés, précisant avoir «personnellement perdu des membres de (sa) famille» dans le drame.

Deux Françaises figurent parmi les morts, a annoncé la présidence française, qui a condamné un «lâche attentat», également condamné unanimement par les quinze pays membres du Conseil de sécurité des Nations unies.

Deux Canadiens, dont une diplomate, ont également été tués dans l'attaque.

Des Américains figurent parmi les blessés de cet acte «ignoble», selon Washington, et il y a «sans aucun doute» des victimes britanniques qui «se sont retrouvées piégées», a prévenu le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague.

«Seuls les infidèles ont été tués», se sont félicités pour leur part les shebab: «tous les musulmans présents sur place» ont été «escortés hors du centre par nos moujahidines».

Panique et hurlements

Des clients et employés du centre commercial, traumatisés et piégés pendant de longues heures dans le centre, ont continué d'en émerger par petits groupes dans la soirée, au fur et à mesure de la lente et prudente progression des forces de sécurité.

Un policier sur place avait parlé dans l'après-midi de «sept otages» aux mains du commando, mais ce nombre pourrait être plus élevé, vu la fréquentation au moment de l'attaque et l'étendue des lieux, un labyrinthe de boutiques en tout genre où il est aisé de se cacher ou de se retrancher.

Expatriés de toutes nationalités, riches Kényans et Indiens aiment à venir au «Westgate Mall» pendant les weekends pour y faire du magasinage, flâner en famille ou se restaurer.

Ce centre commercial, ouvert en 2007 et proche du siège local des Nations unies, compte des restaurants, des cafés, des banques, un grand supermarché et un cinéma multiplexe qui attirent des milliers de personnes chaque jour.

Une cliente rescapée a indiqué avoir passé six heures à se cacher avant d'être secourue.

«J'étais dans un café lorsque j'ai entendu des coups de feu et des explosions. Ensuite j'ai couru pour me cacher dans un magasin. J'ai passé six heures là-dedans», a raconté la femme.

La panique a éclaté dans des hurlements: pères de famille courant en tous sens avec leurs enfants dans les bras, fuyards à la recherche désespérée d'un abri, victimes ensanglantées et agonisantes sur le sol.

Selon un témoin, les assaillants, parlant l'arabe ou le somali, ont «exécuté» des clients.

Sudjar Singh, qui travaille dans le centre, en a réchappé de justesse. «Les hommes armés ont tenté de me tirer dans la tête mais ils m'ont manqué. Au moins 50 personnes ont été touchées» par des balles, a-t-il raconté à l'AFP.

Quant à Kenneth Kerich, il faisait tranquillement ses courses quand «soudain (...) tout le monde s'est mis à courir» au milieu des coups de feu. Je me suis allongé au sol. J'ai vu deux personnes tomber et saigner, sans doute touchées par des balles», a-t-il dit. «Au départ nous pensions que c'était la police qui affrontait des voleurs...».

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