L'état de santé de Mandela est critique mais stable

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Outre les médias, de nombreux Sud-Africains sont venus déposer des gerbes de fleurs et des petits mots devant le Mediclinic Heart Hospital, manifestant leur gratitude envers le père de leur Nation.

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Charlotte PLANTIVE
Agence France-Presse
JOHANNESBURG, Afrique du Sud

La santé de Nelson Mandela s'est améliorée jeudi mais il restait dans un état critique à la veille de l'arrivée en Afrique du Sud de Barack Obama, qui a souligné la stature de «héros» mondial de l'ex-président sud-africain.

Malgré cette évolution, la famille a pour la première fois évoqué publiquement la perspective de sa mort «d'un moment à l'autre», au 20e jour de son hospitalisation.

Son état de santé devrait l'empêcher de rencontrer le président américain, attendu à partir de vendredi soir en Afrique du Sud dans le cadre de sa tournée africaine.

Mais jeudi à Dakar, au premier jour de sa tournée, M. Obama a rendu un hommage vibrant à celui qui fut, comme lui, le premier président noir de son pays. «Il est un héros pour le monde», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. «Quand il quittera cette terre (...), nous savons tous, je pense, que son héritage vivra à travers les âges.»

«Il est nettement mieux aujourd'hui qu'il ne l'était lorsque je l'ai vu hier soir», avait pour sa part déclaré le président Jacob Zuma en début d'après-midi, peu après être passé à l'hôpital de Pretoria, où le symbole mondial de la paix et de la réconciliation est traité depuis le 8 juin pour une grave infection pulmonaire.

À près de 95 ans, Nelson Mandela, qui a passé vingt-sept de sa vie dans les geôles du régime raciste d'apartheid, reste toutefois dans un état «critique mais stabilisé», a ajouté la présidence.

M. Zuma avait laissé craindre une mort imminente de son illustre prédécesseur, en annonçant mercredi soir, après une visite à l'hôpital, qu'il renonçait à un voyage au Mozambique.

Autre source d'inquiétude: Nelson Mandela n'était pas en mesure de respirer sans assistance artificielle mercredi, avait constaté un chef de clan de sa région natale venu à son chevet, Napilisi Mandela.

«Je ne peux que répéter que papa est dans un état très critique», a commenté jeudi sa fille aînée Makaziwe à la radio-télévision publique SABC. «Tout peut arriver d'un moment à l'autre.» Mais «il ouvre les yeux, il réagit toujours au toucher», a-t-elle affirmé.

Cette bonne nouvelle, la première depuis dimanche, a soulagé ses proches. «Chaque amélioration de la santé de mon grand-père est source de réjouissance», a confié Mandla Mandela, l'aîné de ses petits-fils. «On va continuer à prier et à espérer qu'il se rétablisse.»

Son aura internationale attire les journalistes de tous les continents, au grand dam de la famille, qui a exprimé jeudi son exaspération. Sa fille Makaziwe a ainsi accusé les journalistes étrangers de se comporter comme des «vautours», irrespectueux des traditions locales.

«C'est une épreuve parce que nous devons tout faire au vu et au su de tous», a ajouté Ndileka, une des petites-filles, en désignant les dizaines de journalistes et équipes de télévision campant devant la clinique.

«Vie remarquable»

Outre les médias, de nombreux Sud-Africains sont venus déposer des gerbes de fleurs et des petits mots devant le Mediclinic Heart Hospital, manifestant leur gratitude envers le père de leur Nation.

Le Congrès national africain (ANC), ancien mouvement de lutte au pouvoir depuis la chute du régime raciste en 1994, a également affrété des bus pour amener des centaines de ses militants devant l'hôpital. «Nous sommes ici pour célébrer Tata Madiba parce qu'il est malade», a expliqué  Nomhlahla Donry, entourés de militants arborant les couleurs vert, or et noir du parti sur des T-shirts barrés de la mention «Votez ANC».

À 900 kilomètres de là, l'ambiance était plus paisible dans le village d'enfance de Nelson Mandela, Qunu (sud), où il devrait être enterré. Quelques visiteurs prenaient des photos de sa maison. «Je lui souhaite une longue vie», a déclaré Keqane Keledwane, 93 ans, interrogé dans la rue par l'AFP. «Les docteurs doivent tout faire pour le maintenir en vie.»

Plusieurs hauts responsables se sont projetés dans l'après-Mandela: «Sa présence spirituelle doit continuer à vivre», a espéré le ministre à la présidence, Trevor Manuel. «Il nous revient à tous, en cette heure sombre, de penser et de prier pour Nelson Mandela mais aussi de célébrer une vie bien vécue», a ajouté le ministre des Sports Fikile Mbalula.

À l'étranger, le  secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a joint sa voix au concert de louanges, relevant que «des gens dans le monde entier ont été inspirés par sa vie remarquable et son exemple». Quant à l'ancienne chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, a-t-elle adressé dans un tweet «son amour et ses prières à notre grand ami Madiba», l'appelant de son nom de clan, affectueusement adopté par la plupart des Sud-Africains.

Libéré en 1990, Mandela a reçu en 1993 le prix Nobel de la paix pour avoir su mener à bien les négociations en vue d'installer une démocratie multiraciale en Afrique du Sud, conjointement avec le dernier président du régime de l'apartheid, Frederik de Klerk. Mandela a été de 1994 à 1999 un dirigeant de consensus qui a su gagner le coeur de la minorité blanche.

Retiré de la vie publique depuis près de dix ans, il n'est plus apparu en public depuis la finale de la Coupe du monde de football, en juillet 2010 à Johannesburg.

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