Un double attentat fait au moins 43 morts à Mogadiscio

Deux mères courent avec leurs enfants dans les... (PHOTO MOHAMED ABDIWAHAB, AFP)

Agrandir

Deux mères courent avec leurs enfants dans les rues de Mogadiscio après un attentat à la voiture piégée, dimanche.

PHOTO MOHAMED ABDIWAHAB, AFP

Partager

Agence France-Presse
Mogadiscio

Un raid suicide d'islamistes contre le principal tribunal de Mogadiscio et un attentat à la voiture piégée ont tué 34 civils et entrainé la mort des neuf membres du commando dimanche dans la capitale somalienne qui a connu une de ses pires journées de violences depuis plusieurs mois.

Dans une spectaculaire attaque revendiquée par les insurgés shebab, des hommes armés ceints d'explosifs ont lancé un assaut contre le complexe de tribunaux, certains se faisant sauter tandis que d'autres tiraient sur les civils.

«La force de l'Union africaine, l'armée nationale somalienne et la police locale ont déblayé le bâtiment. Les derniers chiffres indiquent que 29 civils ont été tués, que 9 militants shebab sont morts et que 58 personnes ont été blessées», a dit le responsable donnant un nouveau bilan sous couvert de l'anonymat.

L'attentat à la voiture piégée au passage d'un convoi humanitaire turc près de l'aéroport de Mogadiscio a tué cinq autres civils, selon un témoin, portant le bilan total des violences de la journée à 43 morts.

Un précédent bilan faisait état de 19 morts, dont les neuf membres du commando qui a attaqué le tribunal et s'y est retranché pendant trois heures avant que les forces africaines et somaliennes reprennent le contrôle.

«Neuf assaillants sont morts dans l'incident. Six se sont fait exploser et trois ont été tués par les forces de sécurité», a précisé le ministre de l'Intérieur Abdikarin Hussein Guled à la presse.

L'attaque du complexe de tribunaux dont de hauts responsables judiciaires sont sortis indemnes a été revendiquée par les insurgés islamistes shebab qui contrôlaient Mogadiscio avant d'en être chassés en août 2011.

«Ce fut une action sacrée qui visait les infidèles qui se réunissaient dans le tribunal. Nous continuerons jusqu'à ce que la Somalie soit libérée des envahisseurs», a déclaré à l'AFP un porte-parole, Sheikh Ali Mohamed Rage.

Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a estimé que «cette attaque n'était rien qu'un signe de désespoir des terroristes qui ont perdu tous leurs bastions et sont sur le déclin partout en Somalie».

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a «vivement condamné» des actes qui «ne font que prolonger les souffrances du peuple somalien».

Le représentant spécial de l'ONU en Somalie Augustine Mahiga s'est dit «choqué et scandalisé» mais a souligné que le pays allait poursuivre ses progrès vers la stabilisation après deux décennies de conflits.

Une voiture a aussi explosé en face du complexe judiciaire alors que le chaos régnait avec des échanges de tirs et le suicide de kamikazes.

Le ministre de l'Intérieur, M. Guled, a assuré que le calme était revenu et que les autorités cherchaient à dresser un bilan définitif.

Quelques minutes après le début de l'attaque du tribunal, cinq personnes ont été tuées, selon un témoin, par l'explosion provoquée à distance d'une voiture piégée au passage du convoi d'aide humanitaire turque sur la route de l'aéroport.

«Cinq personnes, dont deux passantes, ont été tuées. Deux des cadavres n'ont pas pu être identifiés en raison de la gravité de leurs brulures», a dit à l'AFP le témoin, Hassan Moalim.

Le responsable du Croissant-Rouge turc, Ahmet Lutfi Akar, a précisé à la chaine turque NTV que le chauffeur somalien avait été tué et trois Turcs blessés.

Le tribunal visé est situé dans un quartier administratif où est habituellement déployé un important dispositif de sécurité

Selon des témoins, les assaillants vêtus d'uniformes des forces de sécurité gouvernementales ont pénétré dans le bâtiment en ouvrant le feu.

«Il y a eu alors plusieurs explosions, une voiture a également explosé, toute la zone est sens dessus dessous», a raconté l'un d'eux, Ali Moalem.

Un journaliste de l'AFP a vu des blessés évacués par les fenêtres brisées au milieu des cris de collègues et des hurlements de sirènes des ambulances.

Le 18 mars, un attentat suicide revendiqué par les shebab avait fait au moins dix morts à Mogadiscio.

Il s'agissait de l'attaque la plus meurtrière depuis un attentat suicide qui avait fait 18 morts en septembre 2012 dans un restaurant.

Les islamistes ont multiplié les violences dans la capitale après en avoir été chassés par les forces africaines alliées au gouvernement somalien. Ils ont ensuite essuyé une série de revers militaires dans le sud et le centre.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer