Centrafrique: l'avancée rebelle sur Bangui freinée

Une parade de soldats de la Centrafrique, en... (Photo: archives AFP)

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Une parade de soldats de la Centrafrique, en 2004.

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Patrick FORT et Xavier BOURGOIS
Agence France-Presse
Bangui

La perspective d'une offensive des rebelles centrafricains contre Bangui semblait s'éloigner mardi en raison du net renforcement de la présence militaire des pays d'Afrique centrale sur leur route, même si la situation restait tendue dans la capitale.

Signe de cette tension, un jeune musulman supposé proche de la rébellion du Séléka a été tué dans la nuit de lundi à mardi, et un policier est mort au cours des affrontements qui ont suivi mardi, dans un quartier populaire de la capitale, selon une source policière.

Déterminés à empêcher sa chute, les pays d'Afrique centrale ont commencé à envoyer des renforts pour protéger Bangui, menacée par les rebelles positionnés à Sibut (160 km au nord), et qui, contrôlant une large partie du pays, réclament le départ du président François Bozizé.

Les effectifs de la Force multinationale d'Afrique centrale (FOMAC)  devraient atteindre 760 hommes à la fin de la semaine, selon une source au sein de la FOMAC.

Cent vingt soldats gabonais sont arrivés à Bangui. Un contingent de 120 soldats du Congo-Brazzaville était arrivé lundi et 120 Camerounais sont attendus d'ici la fin de la semaine.

Ces troupes fraîches s'ajoutent à 400 soldats tchadiens déjà déployés à Damara, ultime verrou sur la route de Bangui, à 75 km au nord de la capitale, en renfort de l'armée centrafricaine.

Le chef de l'État tchadien, Idriss Déby Itno, président en exercice de la Communauté économique des États d'Afrique centrale (CEEAC) et, surtout, allié de Bozizé qu'il a aidé à prendre le pouvoir en 2003, a prévenu lundi: Damara «constitue une ligne rouge à ne franchir par aucune des deux parties».

Les troupes tchadiennes sont officiellement déployées dans le cadre de la FOMAC, mise en place en 2008 pour aider à la stabilisation du pays, et qui était dans un processus de retrait définitif au moment du début de l'offensive rebelle le 10 décembre.

Selon une source de la FOMAC, «la ligne de front n'a pas bougé. Les rebelles savent que c'est la ligne rouge à ne pas franchir».

La France, ancienne puissance coloniale, dispose maintenant de près de 600 soldats sur place pour protéger et éventuellement évacuer ses ressortissants.

Dans son message du Nouvel An, François Bozizé a remercié l'armée tchadienne sans qui, a-t-il dit, «Bangui serait aujourd'hui envahie».

Il a réaffirmé mardi être «prêt» pour un dialogue avec le Séléka.

Une offre aussitôt rejetée par le porte-parole des rebelles, Eric Massi. «Le dialogue, on sait qu'il ne le veut pas», a-t-il déclaré à l'AFP.

M. Massi a ajouté «ne rien avoir contre» les forces africaines qui se massent sur la route de Bangui, mais a demandé qu'elles interviennent contre les arrestations de sympathisants du Séléka dont il accuse le pouvoir depuis plusieurs jours.

La communauté internationale s'inquiète de la dégradation de la situation dans ce pays de cinq millions d'habitants parmi les plus pauvres du monde.

La haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a appelé le gouvernement et les rebelles à résoudre «par le dialogue et la négociation les divergences qui subsistent».

La France a de nouveau appelé au dialogue et, s'exprimant pour la première fois, les États-Unis ont appelé les rebelles à «cesser les hostilités et tout mouvement vers la capitale».

Selon une source proche du dossier, «il y a toujours une épée de Damoclès au-dessus de Bangui, même si le danger s'est un peu éloigné».

L'unité des factions au sein de la rébellion semble aussi se fragiliser. «Il est probable qu'il y ait aujourd'hui des divisions (au sein du Séléka): les rebelles se sont retrouvés face à une attitude nouvelle des Tchadiens et des FACA (forces armées centrafricaines) à Damara, et ils ont sans doute vu que c'était plus compliqué d'attaquer», a estimé cette source.

«Ils se retrouvent aujourd'hui avec des hommes qui ont faim, qui ont soif. Le risque c'est qu'ils se transforment en coupeurs de route», a -t-elle ajouté.

À Bangui, pour le Nouvel An, journée traditionnellement réservée aux prières, des milliers de fidèles se sont rendus dans les églises dans un pays dont 85% de la population est chrétienne.

«On est venu pour prier le Bon Dieu de nous avoir gardés pendant les troubles qui se passent dans notre pays. Nous prions pour la paix. Dieu n'a pas abandonné les Centrafricains», a dit Yves Enza Betilamba, musicien.

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