Les malheurs du Mali

Ces soldats ont participé au coup d'État ayant... (Photo:  Issouf Sanogo, AFP)

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Ces soldats ont participé au coup d'État ayant renversé le président Amadou Toumani Touré (ATT), le 22 mars dernier. Menés par le capitaine Amadou Sanogo, les mutins reprochaient notamment à ATT son «incompétence» face à la rébellion touareg, au nord du pays.

Photo: Issouf Sanogo, AFP

 

Marc-André Boisvert, collaboration spéciale
La Presse

(Dakar, Sénégal) Dans le nord du Mali, l'armée s'écroule devant la rébellion touareg. Dans le Sud, des mutins militaires ont fomenté un coup d'État. Pendant que la communauté internationale s'active pour trouver une solution aux problèmes, les Maliens attendent la suite.

Douze chefs d'État sur quatorze ont fait le déplacement pour assister au sommet de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, la CEDEAO. Des représentants des États-Unis et Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères, se joignent à eux.

«Toutes les mesures diplomatiques, économiques, financières seront applicables dès aujourd'hui et ne seront levées qu'une fois l'ordre constitutionnel effectivement rétabli. L'embargo sera total», a décrété Alassane Ouattara, chef d'État ivoirien et président en fonction de la CEDEAO.

Jeudi dernier, l'organisation africaine a lancé un ultimatum aux leaders du coup d'État. En réponse, le capitaine Amadou Sanogo, chef de la junte qui a pris le pouvoir par la force le 22 mars, a annoncé dimanche le retour à la Constitution, sans annoncer une feuille de route.

Peu convaincue, la CEDEAO a officialisé les sanctions, notamment la fermeture complète de ses frontières avec le Mali, le gel des avoirs des membres de la junte et de ses alliés et le blocage des comptes à la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest.

Autre annonce: une réunion jeudi prochain des chefs militaires de la région. La CEDEAO a mis en état d'alerte une force en attente de 2000 militaires. Une intervention de la CEDEAO pourrait mettre fin à l'avancée rapide des rebelles qui, le week-end dernier seulement, ont réussi à prendre trois des plus importantes villes du nord du Mali perifosine: Kidal, Tombouctou et Gao.

Pour légitimer leur action, les mutins maliens ont dénoncé l'incapacité du gouvernement à mettre fin à la rébellion touareg du mouvement national pour la libération de l'Azawad, (MNLA).

«La CEDEAO peut apporter une solution au coup d'État. Déjà, la menace des sanctions a fait plier la junte. Mais pour la question de la rébellion, la solution dépend aussi des pays du nord de l'Afrique. Il faudra l'apport de l'Union africaine et de l'ONU pour créer les conditions politiques nécessaires à une solution», estime Gilles Olakunlé Yabi, directeur du projet Afrique de l'Ouest à l'International Crisis Group.

Les Maliens en attente

En attendant, la plupart des ambassades, y compris celle du Canada, recommandent à leurs ressortissants de quitter le pays. Après quelques inquiétudes au lendemain du coup d'État, la capitale revit. «La situation est calme pour le moment. Les boutiques, les boîtes de nuit et les restaurants sont ouverts. La situation semble normale», explique Marie-Ève Keita à Bamako, jointe au téléphone.

Certains craignent que ce soit le calme avant la tempête. L'argent liquide commence à manquer depuis la fermeture de la banque centrale. Dans certains marchés, le riz, aliment de base au Mali, commence à se faire rare. Les sanctions vont compliquer la vie des Maliens.

Dans le nord du pays, la situation humanitaire se dégrade. Dans les villes tombées aux mains des rebelles, toute communication est devenue impossible. Environ 200 000 Maliens ont fui les combats dans une région durement touchée par une crise alimentaire.

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