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L'image de l'assassin d'un ambassadeur russe remporte le World Press Photo

Lars Boering, directeur de la Fondation du World... (Photo Peter Dejong, Associated Press)

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Lars Boering, directeur de la Fondation du World Press Photo interroge Burhan Ozbilici, photographe de l'image gagnante.

Photo Peter Dejong, Associated Press

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Sophie MIGNON
Agence France-Presse
La Haye

Doigt en l'air, une arme à la main et le visage en colère : l'image de l'assassin de l'ambassadeur russe en Turquie, du photographe turc Burhan Ozbilici, a remporté le premier prix du plus prestigieux concours de photojournalisme, ont annoncé lundi les organisateurs du World Press Photo.

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L'image gagnante.

Photo Burhan Ozbilici, archives Associated Press

Basé aux Philippines, Noel Celis monte sur la... (Photo Noel Celis, archives Agence France-Presse) - image 1.1

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Basé aux Philippines, Noel Celis monte sur la troisième place du podium dans la catégorie informations générales pour une image prise dans une prison surpeuplée, construite pour accueillir 800 détenus, mais qui en héberge près de 4000.

Photo Noel Celis, archives Agence France-Presse

Les juges ont salué le courage du photojournaliste de l'agence Associated Press (AP), qui a pris cette photo le 19 décembre alors que Mevlüt Mert Altintas, un policier âgé de 22 ans qui n'était pas de service, tirait neuf balles sur l'ambassadeur de Russie à Ankara, Andreï Karlov. Le policier avait ensuite été lui-même abattu, après avoir lancé « Allah Akbar » et affirmé vouloir venger Alep.

« C'était une décision très, très difficile, mais à la fin, nous avions le sentiment que l'image de l'année était une image explosive qui témoignait vraiment de la haine de notre époque », a commenté Mary F. Calvert, membre du jury, citée dans un communiqué.

Vue 18 millions de fois dans les heures qui ont suivi l'assassinat, cette image « a marqué un moment important dans l'histoire de la Turquie », a expliqué à l'AFP Burhan Ozbilici. « Donc là, je devais faire mon travail. En tant que journaliste, je ne pouvais pas partir pour sauver ma peau ».

Plus de 5000 photographes issus de 125 pays ont soumis quelque 80 000 images au jury. Parmi eux, 45 ont été récompensés dans huit catégories différentes.

Trois photographes de l'Agence France-Presse ont également été récompensés pour leur travail. Basé aux Philippines, Noel Celis monte sur la troisième place du podium dans la catégorie « General News » (informations générales) pour une image prise dans une prison surpeuplée, construite pour accueillir 800 détenus mais qui en héberge près de 4000.

On y voit des hommes entassés, torse nu, visage marqué, tentant de dormir sur les marches d'une cage d'escalier en béton.

Les images de l'AFP prises en Syrie ont également été récompensées par le deuxième prix des catégories « Spot News, Singles » (Informations brûlantes, image seule) et « Spot News, Stories » (reportages). L'image d'Abd Doumany montre deux petites filles, le visage couvert de poussière et de sang, soignées par un infirmier. Des enfants vivant l'horreur de la guerre et secourus des décombres d'Alep sont également au coeur de la série d'Ameer Alhalbi.

« Photo d'un meurtre »

La photo lauréate, prise lors du vernissage d'une exposition, a suscité la controverse au sein du jury du World Press Photo, a révélé son président, Stuart Franklin, dans une tribune publiée lundi par le quotidien britannique The Guardian.

« J'ai voté contre. Désolé, Burhan », a-t-il écrit, saluant son sang-froid, son courage et ses compétences. « C'est une photo d'un meurtre, le tueur et la victime, tous deux aperçus sur la même image, et moralement, aussi problématique à publier qu'une décapitation terroriste ».

Arrivé en retard ce jour-là à l'inauguration de l'exposition d'art, Burhan Ozbilici raconte avoir tout de suite saisi la gravité de la situation en entendant les tirs.

Il s'est dit désolé pour la mort de l'ambassadeur, « un homme digne, sincère mais tué comme un résultat de la catastrophe syrienne ».

Lui qui a couvert le coup d'État avorté en Turquie et mené des missions en Syrie, en Libye ou en Égypte dit avoir toujours essayé d'être prêt pour des moments difficiles et d'avoir le « courage, vis-à-vis d'un monde pourri par les malhonnêtes, les corrompus, faire quelque chose de bien ».

Pour Joao Silva, photographe du New York Times également membre du jury, cette image d'un homme qui « avait clairement atteint un point de rupture » représente tout ce qu'il se passe à travers le monde aujourd'hui. « C'est le visage de la haine ».

Abordant un large éventail de thématiques et d'événements, comme les tensions raciales à Baton Rouge aux États-Unis, ou les murs construits à travers le monde face à la crise migratoire, la sélection de cette année est « osée » et va mener à un débat « essentiel à avoir », selon la photographe jordanienne Tany Habjouqa, membre du jury.




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