Succession de Ban Ki-moon: Antonio Guterres en tête

L'ancien Haut commissaire aux réfugiés de l'ONU Antonio Guterres.... (photo Mike Segar, REUTERS)

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L'ancien Haut commissaire aux réfugiés de l'ONU Antonio Guterres.

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André VIOLLAZ
Agence France-Presse
NATIONS UNIES, New York

Le Portugais Antonio Guterres est arrivé en tête des candidats à la succession de Ban Ki-moon comme secrétaire général de l'ONU lors d'un premier vote jeudi, selon des diplomates.

Dans ce scrutin secret organisé au Conseil de sécurité, l'ancien Haut commissaire aux réfugiés de l'ONU a devancé de peu l'ex-président slovène Danilo Turk, parmi douze candidats en lice.

Chacun des 15 ambassadeurs du Conseil devait assigner à chaque candidat une des trois mentions suivantes : « encourage », « décourage » ou « sans opinion ».

M. Guterres, ancien premier ministre socialiste du Portugal de 1995 à 2002, a obtenu douze encouragements et trois « sans opinion ».

M. Turk a eu onze encouragements, mais deux pays l'ont « découragé ».

M. Guterres, 67 ans, avait fait forte impression lors d'auditions organisées par l'Assemblée générale pour les candidats.

À son poste de Haut commissaire aux réfugiés (2005-2015), il avait dû affronter la plus grave crise de migration en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Il parle couramment anglais, français et espagnol.

Désormais, « Guterres est l'homme à battre », a déclaré à l'AFP un diplomate du Conseil. « Il s'en est très bien tiré (...) cela confirme sa performance dans les auditions ».

Danilo Turk, 64 ans, ancien président slovène de 2007 à 2012, connait parfaitement les rouages des Nations unies pour avoir été le premier ambassadeur de son pays à l'ONU en 1992, puis secrétaire général adjoint aux Affaires politiques jusqu'en 2005.

D'autres candidats de premier plan ont déçu : la patronne de l'UNESCO Irina Bokova arrive troisième en nombre d'encouragements (neuf) - a égalité avec Vuk Jeremic (Serbie) et Srgjan Kerim (Macédoine) - juste devant l'ex-première ministre néo-zélandaise Helen Clark (huit encouragements).

La ministre argentine des Affaires étrangères Susana Malcorra et son homologue slovaque Miroslav Lajcak suivent à distance. En queue de peloton, on trouve les représentants du Monténégro (Igor Luksic) et de Moldavie (Natalia Gherman) ainsi que la Costaricaine Christiana Figueres.

Vesna Pusic, ministre croate des Affaires étrangères, ferme la marche, avec onze votes l'incitant à abandonner la course.

Promouvoir une femme

Même si ce tour de scrutin informel à bulletins secrets a fait un premier tri, d'autres seront nécessaires pour dégager un consensus autour d'un candidat.

Il faudra aussi compter avec le droit de veto dont disposent les cinq membres permanents du Conseil (États-Unis, Royaume-Uni, France, Chine et Russie). Ceux-ci peuvent encore bloquer un candidat, même bien placé.

Le choix final sera transmis à l'Assemblée générale, qui devrait l'entériner en septembre ou octobre. M. Ban quitte son poste à la fin de l'année.

Un nouveau tour de scrutin devrait être organisé la semaine prochaine.

Selon des diplomates, les résultats du vote de jeudi ont été plus tranchés que prévu, certains candidats se détachant nettement alors que d'autres s'effondraient.

Il s'agit, expliquait l'ambassadeur britannique Matthew Rycroft avant le vote, de parvenir « à un nombre raisonnable (de candidats) en incitant les moins bien placés à abandonner la course ».

Parmi les six hommes et six femmes en compétition, huit viennent d'Europe de l'Est.

La tradition voudrait que le poste revienne à cette région, la seule à ne pas encore avoir eu de secrétaire général.

Des voix se sont élevées aussi pour promouvoir une femme, ce qui serait une première après huit secrétaires généraux masculins.

À son arrivée au Conseil, l'ambassadrice américaine Samantha Power avait tracé le portrait-robot du futur diplomate en chef : « quelqu'un doté de grandes qualités de dirigeant, d'une grande compétence de gestionnaire, attaché à la justice et aux principes des Nations unies ».

« Choisir le meilleur dirigeant possible (...) est d'autant plus important (...) qu'il y a tant à faire », a-t-elle ajouté en mentionnant la lutte contre le terrorisme, le changement climatique ou la gestion des quelque 100 000 Casques bleus « pour s'assurer qu'ils soient au service des civils ».

La crédibilité de l'ONU a été entachée par des accusations de viols portées contre ses Casques bleus en Afrique et la poursuite de conflits meurtriers en Syrie ou au Soudan du Sud.

L'ambassadeur britannique Matthew Rycroft a plaidé pour « un secrétaire général fort ». Son homologue français François Delattre a comparé cette sélection « à celle du pape, la fumée noire ou blanche en moins ». Il a aussi rappelé que pour Paris, le patron de l'ONU devait parler français.

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