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Rencontre au sommet entre les deux plus grandes religions du monde

Le pape François et le grand imam d'Al-Azhar,... (Photo Max Rossi, Reuters)

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Le pape François et le grand imam d'Al-Azhar, cheikh Ahmed al-Tayeb, s'échangent des cadeaux.

Photo Max Rossi, Reuters

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Agence France-Presse
Vatican

Le pape François et le grand imam d'Al-Azhar, cheikh Ahmed al-Tayeb, se sont rencontrés lundi à la mi-journée au Vatican, pour une réunion historique entre les hauts représentants des deux plus importantes religions de la planète.

Le « message, c'est notre rencontre », a affirmé le pape François à l'imam, considéré comme la plus haute autorité de l'islam sunnite, selon des propos rapportés par l'entourage du souverain pontife à la presse. Les deux hommes, qui ne s'étaient jamais vus jusqu'à présent, se sont donné une accolade à l'issue de leur entretien, qui a duré une petite demi-heure, selon un communiqué du Saint-Siège.

« Les deux parties sont convenues de convoquer une conférence de paix », a annoncé au Caire un communiqué d'Al-Azhar, sans donner davantage de précisions. « Nous devons prendre une position commune, main dans la main, pour apporter le bonheur à l'humanité », a affirmé l'imam d'Al-Azhar, cité dans ce communiqué.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, n'a pas été en mesure de confirmer dans l'immédiat cette information.

Dans son communiqué, le Vatican a indiqué que les deux hommes avaient salué « la signification importante de cette nouvelle rencontre dans le cadre du dialogue entre l'Église catholique et l'Islam ». Ils ont également évoqué « l'engagement commun des autorités religieuses et des fidèles des grandes religions pour la paix dans le monde », ajoute ce texte.

C'est la première fois qu'une telle rencontre se déroule au Saint-Siège. Le 24 février 2000, Jean-Paul II avait rendu visite au grand imam d'Al-Azhar, le cheikh Mohammed Sayed Tantawi, au Caire.

Nouvelle étape

L'entretien s'est tenu dans la bibliothèque du Vatican, sans le protocole réservé d'habitude aux chefs d'État en visite officielle. François a offert à son invité son encyclique sur l'environnement, « Laudato si », ainsi qu'un médaillon de la paix.

Cette rencontre entre Ahmed al-Tayeb et François marque une nouvelle étape dans la réconciliation, après dix ans de relations tendues entre leurs deux institutions en raison de propos controversés de Benoît XVI, semblant associer islam et violence, lors d'un discours à Ratisbonne (Allemagne) en 2006.

Les liens se sont peu à peu resserrés après l'arrivée du pape François, qui a fait du dialogue interconfessionnel l'une de ses priorités. Il avait notamment salué les musulmans en 2013 à l'occasion de la fin du ramadan.

Depuis son arrivée, le pape François multiplie les messages de tolérance et d'ouverture à l'égard des autres grandes religions. Déconcertant une partie des catholiques, il a ainsi ramené trois familles musulmanes syriennes de sa visite en avril sur l'île grecque de Lesbos: « Je n'ai pas fait de choix entre chrétiens et musulmans [tous] sont fils de Dieu », avait-il alors expliqué.

Le vice-grand imam d'Al-Azhar, Abbas Choumane, a expliqué dimanche à l'AFP que l'organisation de cette rencontre avait été favorisée par ces gestes d'ouverture du pape François envers les musulmans.

« Si ce n'était pour ces prises de position positives (du pape), cette rencontre n'aurait pas lieu », a précisé M. Choumane, indiquant alors que le grand imam était porteur d'un message pour l'occident et les musulmans.

En novembre 2013, Jorge Bergoglio s'était inquiété d'« épisodes de fondamentalisme violent », mais il avait invité aussi à éviter « d'odieuses généralisations », « parce que le véritable islam s'oppose à toute violence ».

Dans l'avion qui le ramenait d'Istanbul en novembre 2014, il avait aussi pris un risque en réclamant une condamnation claire et forte du terrorisme de la part de « tous les dirigeants musulmans du monde, politiques, religieux et universitaires ».

Homme de rencontre et de contact, Jorge Bergoglio multiplie les rendez-vous historiques avec des responsables chrétiens et d'autres religions.

Il a ainsi rencontré le patriarche orthodoxe russe Kirill en février, plus d'un millénaire après la rupture entre chrétiens d'Orient et d'Occident. Il sera en Suède en octobre, au côté des protestants, pour le lancement du 500e anniversaire de la Réforme de Martin Luther.

Il s'est aussi rendu à plusieurs reprises dans une mosquée ou une synagogue, et entretient des rapports courtois y compris avec l'Iran des ayatollahs.

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