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Le Nobel d'économie remis à Angus Deaton pour ses recherches sur la pauvreté

L'Américano-Britannique Angus Deaton, 69 ans, a remporté le prix... (Photo Maja Suslin, Reuters)

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L'Américano-Britannique Angus Deaton, 69 ans, a remporté le prix Nobel d'économie décerné en 2015 pour ses recherches sur la consommation.

Photo Maja Suslin, Reuters

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Hugues HONORÉ
Agence France-Presse
Stockholm

L'Américano-Britannique Angus Deaton, 69 ans, a remporté lundi le prix Nobel d'économie pour ses recherches sur la consommation, en particulier celle des pauvres, étudiant par exemple la relation entre les revenus et le nombre de calories consommées.

Ce professeur, né à Édimbourg en Écosse et qui travaille à l'université de Princeton aux États-Unis, a été primé «pour son analyse de la consommation, de la pauvreté et du bien-être», a indiqué le jury.

Il a été informé vers 06H00 chez lui (10H00 GMT) par le rituel coup de téléphone de l'Académie suédoise des sciences.

«À mon âge, quand on est en activité depuis longtemps, on sait que c'est une possibilité. Mais on sait aussi qu'il y a un grand nombre de personnes qui méritent le prix», a-t-il réagi, cité sur le site de Princeton.

Durant ses travaux, M. Deaton s'est posé trois questions principales: comment les consommateurs répartissent leurs dépenses, combien dans une société est consommé et épargné, et enfin comment mesurer le bien-être individuel.

Ces questions l'ont poussé à une analyse fine de «problèmes comme la relation entre le revenu et la quantité de calories consommées, et l'ampleur de la discrimination entre les sexes au sein de la famille», note le comité Nobel.

«Pour élaborer des politiques économiques qui promeuvent le bien-être et réduisent la pauvreté, nous devons d'abord comprendre les choix de consommation individuels. Plus que quiconque, Angus Deaton a amélioré cette compréhension», a motivé le jury suédois.

Dans son ouvrage «La Grande Évasion: santé, richesse et origines de l'inégalité» paru en 2013, il a décrit en détail comment l'humanité a accru son bien-être de manière spectaculaire depuis deux siècles et demi, ainsi qu'en témoignent l'allongement de l'espérance de vie et le recul de certaines maladies. Mais aussi comment ce progrès s'est accompagné d'un creusement tout aussi impressionnant des inégalités.

Bill Gates comme lecteur

«Si vous voulez en savoir plus sur les raisons pour lesquelles le bien-être de l'humanité a augmenté à ce point au fil du temps, il faut que vous lisiez» cet essai, écrivait Bill Gates, le cofondateur de Microsoft devenu l'un des hommes les plus riches du monde et qui se consacre maintenant à la lutte contre la pauvreté.

«En liant des choix individuels précis et des résultantes collectives, sa recherche a contribué à transformer les champs de la microéconomie, de la macroéconomie et de l'économie du développement», a expliqué l'Académie royale des sciences.

Joint aux États-Unis par la Fondation Nobel, Angus Deaton a été interrogé lundi sur l'actualité brûlante: les migrations de centaines de milliers de personnes fuyant la guerre et la pauvreté et venues chercher une vie meilleure en Europe.

«Ce à quoi nous assistons est le résultat de centaines d'années d'un développement déséquilibré (...) qui fait qu'une partie du monde accuse un important retard» socio-économique. «La réduction de la pauvreté résoudrait le problème, mais pas à court terme», a-t-il répondu par visioconférence.

En 2010, l'économiste avait été remarqué dans les médias grâce à une étude, avec le prix Nobel d'économie 2002 Daniel Kahneman, où il avait montré que l'argent faisait le bonheur, mais pas au-delà de 75 000 dollars par an.

«Peut-être que 75 000 dollars est un seuil au-delà duquel des hausses de revenus n'améliorent plus la capacité des individus à faire ce qui compte le plus pour leur bien-être émotionnel, comme de passer du temps avec ceux qui leur sont chers, éviter la douleur et la maladie, et profiter de leurs loisirs», expliquaient ces deux scientifiques.

Angus Deaton succède au Français Jean Tirole, qui avait été récompensé en 2014 pour son analyse de la régulation des marchés, et rejoint la longue liste des enseignants de la prestigieuse université couronnés par le Nobel dans la discipline économique, parmi lesquels Paul Krugman en 2008.

Le prix d'économie, officiellement «prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel», est le dernier de la saison des Nobel, marquée par le couronnement de la Bélarusse Svetlana Alexievitch (littérature) et du quartette d'organisations qui a permis de sauver la transition démocratique en Tunisie (paix).

Il est doté comme les autres de huit millions de couronnes suédoises (860 000 euros).

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