• Accueil > 
  • International 
  • > Un ex-président de l'Assemblée générale de l'ONU accusé de corruption 

Un ex-président de l'Assemblée générale de l'ONU accusé de corruption

Ambassadeur d'Antigua-et-Barbuda auprès des Nations unies, John Ashe,... (PHOTO MIKE SEGAR, ARCHIVES REUTERS)

Agrandir

Ambassadeur d'Antigua-et-Barbuda auprès des Nations unies, John Ashe, 61 ans, a été élu en juin 2013 président de la 68e session de l'Assemblée générale de l'ONU, qui s'est déroulée entre septembre 2013 et septembre 2014.

PHOTO MIKE SEGAR, ARCHIVES REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Thomas URBAIN
Agence France-Presse
NEW YORK

Un ancien président de l'Assemblée générale de l'ONU, John Ashe, est poursuivi par les autorités américaines pour avoir accepté plus d'un million de dollars de pots-de-vin en contrepartie de son aide à la réalisation de projets immobiliers, selon des documents publiés mardi.

Les autorités fédérales américaines ont mis au jour un système qui devait profiter à plusieurs hommes d'affaires d'origine chinoise, même si aucun d'entre eux ne semble en avoir retiré un bénéfice concret, selon l'enquête.

Au centre du dispositif, John Ashe, 61 ans, ambassadeur d'Antigua-et-Barbuda auprès des Nations unies, qui a été président de la 68e session de l'Assemblée générale de l'ONU, entre septembre 2013 et septembre 2014.

Il a été remplacé au poste d'ambassadeur en novembre 2014, après avoir occupé cette fonction durant dix ans.

John Ashe est accusé par les autorités américaines d'avoir accepté, entre 2011 et 2014, plus de 1,3 million de dollars d'un groupe de cinq personnes, selon la plainte publiée par le procureur fédéral de Manhattan (district sud de New York), Preet Bharara.

Stéphane Dujarric, porte-parole de l'ONU, a affirmé qu'il n'était pas au courant de cette affaire avant d'en entendre parler mardi par la presse, et qu'il n'avait pas été contacté par le bureau du procureur.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est dit «choqué et profondément troublé» par ces accusations qui «portent au coeur de l'intégrité des Nations unies», selon un communiqué de M. Dujarric.

Quatre des six mis en cause ont été arrêtés mardi et devaient être présentées à un juge fédéral dans la journée, a indiqué M. Bharara, précisant que les deux autres étaient déjà en détention.

Le groupe comptait sur John Ashe pour faciliter la concrétisation d'un projet de centre de conférence commandité par l'ONU, à Macao dans le sud de la Chine, au budget de «plusieurs milliards de dollars», ainsi que des projets immobiliers à Antigua-et-Barbuda.

Selon la plainte publiée mardi, John Ashe a reçu plusieurs centaines de milliers de dollars sur des comptes bancaires ainsi que divers avantages en nature, principalement un séjour et la construction d'un terrain de basketball sur sa propriété.

En contrepartie de ces avantages, il a notamment soumis au secrétaire général de l'ONU un document relevant le prétendu besoin de créer un centre de conférence à Macao, projet qui n'a jamais abouti.

Il a également reversé, selon le document, une partie des sommes, au premier ministre d'Antigua-et-Barbuda de l'époque, Baldwin Spencer, afin qu'il contribue à l'avancée de projets immobiliers dans l'archipel, situé à moins de cent kilomètres au nord de la Guadeloupe.

Des millions en liquide

John Ashe «s'est vendu, lui et l'organisation dont il avait la charge», a affirmé M. Bharara dans un communiqué, dénonçant un projet qui visait à faire de l'ONU «une plateforme de profit».

«Nous continuerons à tout faire pour en finir avec la corruption d'agents publics, que ce soit au conseil municipal, à Albany (capitale de l'État de New York) ou ici, aux Nations unies», a-t-il promis.

Une référence directe aux scandales qui ont émaillé, cette année, la vie politique locale, notamment celui qui a contraint le président du Sénat de l'État de New York, Dean Skelos, à démissionner, en mai.

Dans l'affaire Ashe, une partie des fonds a transité par une fausse organisation non gouvernementale, dont l'adjoint au représentant de la République dominicaine auprès des Nations unies, Francis Lorenzo, était président d'honneur.

M. Lorenzo percevait, toujours selon le document, 20 000 $ de salaire mensuel de cette pseudo ONG.

Contactée par l'AFP la représentation dominicaine auprès de l'ONU a indiqué que Francis Lorenzo était toujours en poste.

Outre M. Lorenzo, les quatre personnes mises en cause pour corruption active sont deux hommes d'affaires, l'un Chinois et l'autre d'origine chinoise, ainsi que la présidente de l'ONG et sa directrice financière.

Le principal accusé est un sexagénaire de Macao, Ng Lap Seng, qui a fait fortune dans l'immobilier et qui, selon des documents publiés par l'Université de Berkeley, possède des relations politiques et mafieuses en Chine.

La justice américaine a annoncé le 24 septembre son arrestation et son placement en détention. Il est accusé d'avoir introduit frauduleusement aux États-Unis plus de 4,5 millions de dollars en liquide sur une période de deux ans.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer