L'ONU se voit promettre 40 000 Casques bleus supplémentaires

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La mission au Mali est l'une des plus meurtrières de l'histoire de l'ONU, avec 60 morts depuis son déploiement.

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André VIOLLAZ
Agence France-Presse
New York

Sous l'impulsion des États-Unis, une cinquantaine de pays ont promis lundi de fournir 40.000 Casques bleus supplémentaires, au moment où les missions de paix de l'ONU sont débordées et vulnérables.

Le président américain Barack Obama avait convoqué en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York un sommet sur les moyens de renforcer les 16 missions des Nations unies dans le monde, où servent déjà 125 000 soldats, policiers et civils venus de 124 pays.

Ce réseau, a expliqué M. Obama, «n'arrive plus à répondre à la demande croissante» due à la multiplication des conflits en Afrique (Mali, Soudan du Sud, Centrafrique, RDCongo).

Les soldats de la paix sont aussi vulnérables aux attaques et attentats: à la veille du sommet, un Casque bleu sud-africain a été tué dans la province soudanaise du Darfour.

La mission au Mali (MINUSMA) est l'une des plus meurtrières de l'histoire de l'ONU, avec 60 morts depuis son déploiement.

«Nous sommes réunis aujourd'hui pour renforcer et réformer le maintien de la paix car notre sécurité collective en dépend», a affirmé M. Obama.

Les États-Unis sont le principal bailleur de fonds du maintien de la paix, avec 28% du budget annuel de 8,3 milliards de dollars, mais ils rechignent à fournir des troupes. M. Obama a annoncé un doublement du nombre d'officiers américains (78 actuellement) servant sous l'étendard ONU.

«Davantage de pays doivent contribuer et fournir plus de forces», a-t-il martelé.

La Chine a répondu présente, avec 8000 policiers, et la Colombie avec 5000 Casques bleus, alors qu'elle était jusqu'ici absente de ce secteur. L'Europe s'est montré plus frileuse.

Le Royaume-Uni va envoyer quelques centaines de soldats en Somalie et au Sud-Soudan. Les Pays-Bas ont prolongé d'un an leur participation à la Minusma et accru leur financement.

S'ajouteront aux troupes des unités médicales ou du génie, des experts en déminage, des hélicoptères, dont certaines missions manquent cruellement, ou des drones.

Le Rwanda a offert deux hélicoptères d'attaque, une unité de policiers et 1600 soldats.

Brebis galeuses 

L'idée de ce sommet, selon des responsables américains, était non seulement de renforcer le réseau mais aussi de rééquilibrer le fardeau entre pays riches aux armées modernes, notamment Européens, et pays en développement.

Ces derniers fournissent les plus forts contingents, avec de 8000 à 10 000 hommes chacun pour l'Inde, le Bangladesh, le Pakistan ou l'Éthiopie.

La part des Européens a chuté depuis 20 ans au profit de missions de l'OTAN comme en Afghanistan.

Il y a actuellement 289 Casques bleus britanniques et 909 Français.

Vétérans du maintien de la paix, le Pakistan, le Bangladesh (2700 soldats supplémentaires), l'Inde (850 soldats) et l'Indonésie ont promis d'accroître encore leurs contributions en hommes et en matériel.

L'Arménie, l'Allemagne, le Brésil, la Turquie, l'Australie ou Fidji ont annoncé des contributions moins importantes.

Le président colombien Juan Manuel Santos a promis 5000 Casques bleus sur trois ans, en soulignant l'expérience acquise par son pays dans la lutte contre la guérilla des FARC.

Le premier ministre britannique David Cameron a confirmé l'envoi de 70 soldats en Somalie et 300 environ au Soudan du Sud. «La Grande-Bretagne peut et doit jouer un plus grand rôle» dans ce domaine «dans notre propre intérêt national», a-t-il souligné.

Le président chinois Xi Jinping a promis de fournir «le premier escadron d'hélicoptères dédié au maintien de la paix» et une unité permanente de 8000 policiers susceptible de se déployer rapidement. Pékin financera aussi la future force de réaction rapide de l'Union africaine à hauteur de 100 millions de dollars sur cinq ans.

C'est l'Afrique, important partenaire commercial de Pékin, «qui a le plus besoin de maintien de la paix», a-t-il souligné, en demandant à l'ONU «d'aider les Africains à régler les problèmes africains à la manière africaine».

«Nous devons permettre à l'Afrique d'être capable d'assurer sa propre sécurité», a renchéri le président français François Hollande. Il a fait valoir que la France formait chaque année des milliers de militaires africains qui peuvent ensuite être enrôlés dans des opérations de l'Union africaine ou de l'ONU.

Pour les responsables américains, renforcer les missions de l'ONU doit permettre aussi de mieux lutter contre les abus sexuels qui ont terni l'image des Casques bleus, en Centrafrique notamment. Avec un supplément de forces à sa disposition, expliquent-ils, l'ONU hésitera moins à sévir contre les brebis galeuses.

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