Une personne sur six souffre de la faim

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Haïti est l'un des pays les plus touchés... (Photo: Martin Tremblay, La Presse)

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Haïti est l'un des pays les plus touchés par la crise alimentaire mondiale.

Photo: Martin Tremblay, La Presse

Laura-Julie Perreault
La Presse

L'humanité vient de battre un bien triste record. Jamais autant d'êtres humains n'ont souffert de la faim dans le monde. Selon un nouveau rapport des Nations unies publié hier, un peu plus d'un milliard de personnes sont sous-alimentées.

Parmi elles, seulement 15 millions se trouvent dans les pays industrialisés de l'Occident qui se débattent depuis plus d'un an avec la crise économique. La quasi-totalité des 1,02 milliard d'affamés du monde, soit 99,75%, vit dans les pays en voie de développement, estime le rapport L'état de l'insécurité alimentaire, rendu public hier à Rome par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM).

«La situation de la faim dans le monde était déjà grave quand les prix de la nourriture étaient raisonnables et que le monde vivait une période de prospérité économique. Mais la crise alimentaire mondiale (2006-2008), suivie de la crise économique, a créé une situation catastrophique», a dit hier à La Presse Dan Gustafson, directeur du bureau de la FAO à Washington.

Des millions de familles qui avaient déployé d'immenses efforts pour survivre à la crise alimentaire et à l'explosion des prix des denrées n'ont pu résister au choc de la crise économique. En 2008 seulement, 100 millions de personnes se sont ajoutées aux victimes de sous-alimentation, ont constaté la FAO et le PAM.

Un des impacts les plus dévastateurs de la crise économique a été de mettre un frein à l'aide internationale. «Des pays comme la Somalie, qui ont fait appel à la communauté internationale pour surmonter la crise, n'ont réussi à obtenir que la moitié de ce qu'ils demandaient», note M. Gustafson.

Le Programme alimentaire mondial, qui avait amassé des sommes records lors de la crise alimentaire, a vu son budget passer de 6 à 3 milliards de dollars entre 2007 et 2008.

Autre impact de la crise économique sur la faim : touchés par le ralentissement économique et les pertes d'emplois, les expatriés - habituellement source de sécurité financière pour des millions de familles dans les pays en voie de développement - ont dû réduire les sommes qu'ils expédiaient dans leur pays d'origine. Ces travailleurs immigrés y envoient de deux à trois fois plus d'argent, au total, que n'en versent les pays occidentaux par le truchement de l'aide internationale.

Afrique fragile

En chiffres absolus, la région de l'Asie et du Pacifique est la plus durement touchée par l'insécurité alimentaire. Près de 642 millions de personnes n'y mangent pas tous les jours à leur faim. En Afrique subsaharienne, ils sont 265 millions dans la même situation. Dans le croissant qui s'étend de l'Afrique du Nord au Proche-Orient, 42 millions de personnes sont sous-alimentées. En Amérique latine et dans les Caraïbes, 53 millions de personnes vont au lit le ventre creux.

«C'est cependant en Afrique subsaharienne que la situation est la plus inquiétante, à cause de la proportion de la population qui est sous-alimentée et de la gravité de cette sous-alimentation», dit M. Gustafson. Plusieurs organismes humanitaires craignent d'ailleurs de voir l'Afrique de l'Est sombrer dans la famine. De plus, 20 des 30 pays considérés comme les plus vulnérables par la FAO et le PAM se trouvent en Afrique.

Solutions à l'horizon?

Les deux instances onusiennes ont publié leur rapport à l'approche de la Journée mondiale de l'alimentation, vendredi, et du Sommet mondial sur la sécurité alimentaire, à la mi-novembre. Déjà, la FAO estime que les pays pauvres auront besoin annuellement d'investissements de 29,5 milliards de dollars dans le secteur de la production alimentaire afin de nourrir la population mondiale, qui devrait passer de 6,8 milliards à 9,1 milliards d'ici à 2050. Ces investissements sont actuellement de 7,9 milliards annuellement.

 

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