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Nucléaire iranien: une histoire d'espions qui soulève bien des questions

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Barack Obama, Nicolas Sarkozy et Gordon Brown se... (Photo AFP)

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Barack Obama, Nicolas Sarkozy et Gordon Brown se sont unis pour dénoncer la construction d'un deuxième site nucléaire par Téhéran.

Photo AFP

 

Laurent LOZANO
Agence France-Presse
Pittsburgh

Le nouveau rebondissement dans la crise nucléaire iranienne est l'aboutissement d'années de coopération entre les services de renseignement américains, britanniques et français qui, comme toutes les histoires d'espions, soulèvent d'innombrables questions.

Comment les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont-ils su? Pourquoi, alors qu'ils savaient depuis des années, ont-ils attendu vendredi pour révéler avec fracas que l'Iran construisait en secret une nouvelle usine susceptible, selon eux, de servir à fabriquer la bombe atomique?

Qu'est-ce qui a poussé le président américain Barack Obama, son homologue français Nicolas Sarkozy et le premier ministre britannique Gordon Brown à rompre vendredi avec les préoccupations économiques du sommet du G20 à Pittsburgh (est des États-Unis) pour dénoncer ensemble une nouvelle violation par l'Iran de ses obligations?

Les responsables des trois pays ont laissé nombre de ces questions sans réponse.

Ce qu'Américains, Français et Britanniques s'accordent à dire sous couvert d'anonymat, c'est qu'il y a plusieurs années que leurs services de Renseignement savaient. M. Obama lui-même a été mis au courant après son élection, mais avant son investiture, dans les briefings qu'il recevait alors au même titre que le président encore en place.

La date de début de construction diffère selon les sources: avant l'accession à la présidence en 2005 de Mahmoud Ahmadinejad ou après.

Américains, Britanniques et Français ne s'étendent pas sur la question extrêmement sensible de leurs sources. Ils ne disent pas si l'Iran dissimulerait d'autres sites.

Mais un haut responsable américain explique que l'Iran a été victime du soupçon constant qu'il suscite. Quand un groupe d'opposition iranien a révélé en 2002 que la République islamique menait clandestinement un programme nucléaire à Natanz et Ispahan, l'Iran a été forcé de placer ces sites sous inspection internationale.

«Il était évident pour tout le monde (...) que si les Iraniens voulaient se procurer l'option de l'arme nucléaire, le recours à Natanz était une approche très repoussante (...) L'option évidente consistait à construire une autre usine secrète et souterraine d'enrichissement et nos services de renseignement (...) ont cherché une telle usine pendant des années. Comme on pouvait s'y attendre, nous l'avons trouvée», a-t-il dit.

Selon les Occidentaux, l'usine ne sera pas opérationnelle avant quelques mois au moins. Elle pourrait accueillir environ 3.000 centrifugeuses, les machines procédant à l'enrichissement. C'est trop peu pour un usage civil. En revanche, l'usine aurait la «bonne taille» pour une finalité militaire, dit un responsable américain.

C'est parce que les Iraniens ont appris récemment que les Occidentaux savaient que ces derniers ont rendu l'affaire publique, dit-il. Les Iraniens ont écrit lundi à l'agence onusienne veillant à la non-prolifération pour se mettre en règle a posteriori, dit-il.

L'activité diplomatique de la semaine semble accréditer cette explication. Quand M. Obama a rencontré mardi le président chinois Hu Jintao, il ne lui a pas parlé de l'usine iranienne. Il l'a fait mercredi avec le président russe Dmitri Medvedev, partenaire tout aussi important quand il s'agit de contrer le nucléaire iranien, dit l'administration américaine.

Des responsables français invoquaient, eux, la nécessité de dire aux Iraniens, preuves à l'appui et à un moment critique de la crise nucléaire: maintenant, ça suffit.

Dans moins d'une semaine, jeudi à Genève, a lieu une rencontre cruciale entre Américains, Britanniques, Français, Chinois, Russes et Allemands d'une part, Iraniens de l'autre. Et les Occidentaux reconnaissent que la divulgation de vendredi leur confère un moyen de pression considérable.

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