Source ID:a77ea4c3c642395bb106f867bc693f3b; App Source:StoryBuilder

Pour sauver le climat, les acteurs non étatiques se regroupent

Le monde continue à rejeter dans l'atmosphère beaucoup... (Photo Charlie Riedel, ARCHIVES AP)

Agrandir

Le monde continue à rejeter dans l'atmosphère beaucoup trop de gaz à effet de serre pour limiter à 2 °C l'augmentation moyenne de la température du globe par rapport à la période préindustrielle, ce qui est l'objectif de l'accord de Paris.

Photo Charlie Riedel, ARCHIVES AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
IVAN COURONNE
Agence France-Presse
San Francisco

Des milliers de délégués non gouvernementaux se rassemblent dès mercredi à San Francisco pour montrer que villes et régions peuvent combler le retard des États dans la lutte contre le changement climatique, notamment aux États-Unis où ces initiatives devraient compenser en partie le recul de Donald Trump.

Le Sommet mondial pour l'action climatique, le premier du genre avec plus de 4000 délégués, s'est ouvert avec la publication d'un rapport qui devrait en réjouir certains et en alarmer d'autres, sur la trajectoire des émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis.

D'un côté, l'étude montre que le pays devrait tenir les deux tiers de l'objectif fixé par Barack Obama, et abandonné par Donald Trump après son arrivée au pouvoir début 2017, soit-17 % d'émissions en 2025 par rapport à 2005, contre un objectif original d'au moins-26 %. Le pays en est à-12 % aujourd'hui.

L'autre façon de voir ce chiffre est que le pays manquera d'un tiers son objectif.

Mais le rapport souligne que de nombreux États américains, principalement démocrates, et des centaines de villes ont depuis 2017 redoublé leurs engagements pour « décarboniser » leurs économies depuis l'annonce de Donald Trump, avec des effets bien réels.

Par comparaison, la Chine émet aujourd'hui un peu moins de deux fois plus de gaz à effet de serre (GES) que les États-Unis, et devrait continuer à en rejeter de plus en plus jusque dans les années 2020, le pays s'étant engagé à un tournant avant 2030.

L'Union européenne s'était donné un objectif de réduction des GES plus ambitieux que les États-Unis, et a déjà accompli davantage. En prenant les mêmes années de référence que les Américains, les émissions européennes ont baissé de 21 % à ce stade par rapport à 2005, et devraient atteindre-28 % en 2025, selon le Climate Action Tracker. L'objectif européen original pour l'accord de Paris était de-40 % de 1990 à 2030.

L'électricité « propre » connaît une croissance effrénée aux États-Unis, le charbon est en recul et les voitures électriques se développent malgré l'hostilité du gouvernement Trump à la transition écologique.

Si tous les acteurs non fédéraux, et pas seulement les villes et États « écolos », intensifiaient cette dynamique, « nous pourrions nous rapprocher de très près du but fixé par les Nations unies », dit la Californienne Mary Nichols, coprésidente d'America's Pledge, la coalition à l'origine du rapport.

L'idée du sommet est de montrer concrètement que le même volontarisme peut s'appliquer au reste du monde.

Grande délégation chinoise

Paris, Bonn, Pékin, Le Cap, Dacca, Dubaï, Mexico, Tokyo, des villes indiennes et sud-américaines seront représentées ici à divers niveaux, dont des dizaines de maires. Il y a aussi des patrons de multinationales jouant les fers de lance de la transition écologique, et qui s'engageront à passer, en quelques années, à 100 % d'électricité propre.

Des représentants de régions et d'États sont également présents. Plus de 70 émissaires de gouvernements régionaux et de ministres se sont retrouvés mercredi matin, la plus grande réunion de ce genre jamais convoquée selon les organisateurs de la Coalition « Under2 » ( « moins de 2 degrés » ) : des ministres d'États indiens et brésiliens, des gouverneurs indonésien et mexicains, un ministre japonais, des représentants régionaux espagnols, italien, allemand...

De plus en plus de juridictions mondiales se joignent à ces efforts, dernièrement la province de Chungnam en Corée du Sud. « Nous sommes les premiers en Corée à rejoindre la coalition », dit son vice-gouverneur, Nam-gung Young.

« Ce genre de sommets précipite les événements », observe Frances Seymour, de la grande ONG World Resources Institute. « Ils attirent l'attention limitée des dirigeants politiques ».

La Chine a envoyé une délégation de 120 personnes, dont Xie Zhenhua, le négociateur climat.

Canada et Royaume-Uni sont représentés au niveau ministériel, la France par Ségolène Royal, ambassadrice pour les pôles, et l'Union européenne par de nombreux commissaires.

Le rassemblement commence alors que l'ouragan Florence menace la côte est du pays et après un été caniculaire en Europe, des événements météorologiques rares, mais dont la fréquence devrait augmenter, selon les climatologues, en raison du dérèglement du climat.

Le monde continue à rejeter dans l'atmosphère beaucoup trop de gaz à effet de serre pour limiter à 2 °C l'augmentation moyenne de la température du globe par rapport à la période préindustrielle, ce qui est l'objectif de l'accord de Paris.

La Terre est déjà plus chaude de 1 °C environ et, à ce rythme, la hausse atteindra +3,2 °C en 2100.




Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer