80 économistes appellent à ne plus investir dans les énergies fossiles

Dans cette raffinerie d'East Chicago, en Indiana, on... (AP)

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Dans cette raffinerie d'East Chicago, en Indiana, on aperçoit de la coke de pétrole. Ce coproduit noir provient du raffinage des sables bitumineux de l'Alberta. Plus polluant que le charbon, il est, par exemple, brûlé illégalement en Inde, contribuant à la pollution de ce pays émergent.

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Agence France-Presse
Paris

Près de 80 économistes de 20 pays, dont les Américains Jeffrey Sachs et James Galbraith, appellent à la « fin des investissements dans les énergies fossiles », dans une déclaration lancée par l'ONG 350.org et publiée jeudi avant le sommet climat de mardi.

« Nous appelons à la fin immédiate de tout investissement dans de nouveaux projets de production et d'infrastructure de combustibles fossiles, et encourageons une hausse significative du financement des énergies renouvelables », dit la déclaration signée aussi par le Français Patrick Criqui, Tim Jackson (université du Surrey), Charles Palmer (London School of Economics), le Suédois Thomas Sterner, les Japonais Takeshi Mizuguchi et Shuzo Nishioka ou encore l'ex-ministre et économiste grec Yanis Varoufakis.

« Le président français et d'autres dirigeants se sont déjà exprimés sur la nécessité d'un soutien financier accru aux solutions climatiques, mais ils n'ont rien dit sur l'autre partie de l'équation : les financements qui continuent à être accordés à de nouveaux projets de production et d'infrastructures charbonnières, gazières et pétrolières », ajoute le texte.

« Il est temps que l'ensemble des acteurs économiques mondiaux se tournent pleinement vers des énergies renouvelables sûres », et « les institutions de développement comme les investisseurs publics et privés ont la responsabilité urgente et l'obligation morale de montrer la voie », dit encore l'appel, évoquant une « transition inévitable » et les opportunités qui y sont liées.

« La communauté des investisseurs a le pouvoir de créer les conditions pour rendre ce changement possible », soulignent les signataires, appelant à « construire une économie saine tout en protégeant les salariés du secteur de l'énergie, les communautés et en tenant compte des limites écologiques d'une planète finie ».

Les émissions de gaz à effet de serre, à l'origine d'un dérèglement du climat sans précédent, sont liées pour les trois quarts à la combustion des énergies fossiles.

Selon les études scientifiques, il faudra écourter l'exploitation des réserves en cours si le monde veut rester sous le seuil critique de 2 °C de réchauffement.

Emmanuel Macron organise mardi à Paris un sommet consacré au financement des politiques climatiques, auquel participeront dirigeants politiques et d'institutions financières.

Les ONG environnementales, 350.org, mais aussi de nombreuses autres (France Nature Environnement, Greenpeace France, Réseau Action Climat, Fondation pour la nature et l'homme...), ont appelé à un rassemblement à Paris mardi à 8h, sur le thème « pas un euro de plus pour les énergies du passé ».




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