Londres veut s'attaquer à la pollution mortelle au dioxyde d'azote

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La pollution continue de tuer plus de 9000 Londoniens chaque année.

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Ouerdya AIT ABDELMALEK
Agence France-Presse
Londres

Londres étouffe de la pollution et son maire travailliste Sadiq Khan a décidé de s'attaquer à la circulation automobile, principale accusée de la mauvaise qualité de l'air ces dernières années, comme ailleurs en Europe.

En 1952, le Grand Smog - ou grande fumée - qui avait englouti la capitale britannique pendant cinq jours avait fait 4000 morts, et même plus de 12 000 en comptant les décès survenus les semaines suivantes. La faute au charbon utilisé par les ménages et les industries.

La catastrophe sanitaire avait conduit à interdire l'usage du charbon dans le centre-ville et à promouvoir des politiques soucieuses de l'environnement dans le pays.

Mais 65 ans plus tard, la pollution continue de tuer plus de 9000 Londoniens chaque année. Cette fois, elle prend le visage du dioxyde d'azote ou NO2, produit en particulier par les voitures et camions.

«L'industrie est une part du problème, mais les zones à problème se situent près des routes», dit à l'AFP Gary Fuller, maître de conférence spécialiste de la qualité de l'air au King's College de Londres.

Et la question ne se limite pas qu'à Londres, ajoute le chercheur, soulignant que «la limite autorisée de NO2 est dépassée dans de nombreuses villes à travers le pays».

1000 crèches menacées

Le Royaume-Uni figure ainsi parmi les cinq pays mis en garde en février par la Commission européenne pour la qualité de leur air, avec la France et l'Allemagne.

À l'échelle nationale, la pollution de l'air tue plus de 40 000 personnes par an et provoque une épidémie de maladies respiratoires, en particulier chez les jeunes enfants. Un public vulnérable et particulièrement exposé, selon une étude de l'ONG écologiste Greenpeace publiée cette semaine.

Le document montre que plus de 1000 crèches en Angleterre sont situées près de routes où les émissions polluantes dépassent les limites légales. En prenant en compte écoles, collèges et lycées, plus de 2000 établissements sont concernés.

Or la pollution au NO2 «peut entraîner des conséquences durables sur la santé (des enfants) et le fonctionnement de leurs poumons», a souligné Anna Jones, une militante de Greenpeace, en présentant les chiffres.

Cette publication accroit la pression sur le gouvernement britannique, accusé de faire trop peu en matière de qualité de l'air. La Haute Cour de Londres lui a intimé l'an dernier de revoir sa copie concernant les objectifs à atteindre, après avoir été saisie par une organisation de défense de l'environnement. De nouvelles propositions sont attendues d'ici au 24 avril.

En attendant, Sadiq Khan a fait de la qualité de l'air un de ses principaux chevaux de bataille.

«Air mortel»

«L'air londonien est mortel et je ne peux pas rester les bras croisés», a dit cette semaine l'élu londonien qui avait mis en cause l'an dernier la pollution dans l'apparition récente de son asthme.

Après l'annonce du retrait progressif des bus et taxis roulant au diesel - carburant qui émet trois fois plus de NO2 que l'essence -, et celle d'une nouvelle taxe de 10 livres (11,7 euros) imposée à partir d'octobre aux voitures datant d'avant 2006 pour circuler dans le centre de Londres, il vient de décider la création d'une zone à ultra basse émission (Ulez) à partir de 2019.

Elle concernera tous les véhicules diesel de plus de quatre ans et les véhicules essence de plus de 13 ans, qui devront payer 12,50 livres (14,6 euros) sept jours sur sept et 24 heures sur 24, en sus du péage urbain de 11,5 livres introduit en 2005 pour réduire le trafic. Elle sera étendue au-delà du centre de la capitale à partir de 2021, a ajouté M. Khan.

Des mesures similaires sont mises en place dans de nombreuses autres villes européennes. Pour M. Fuller, la solution pour s'attaquer au dioxyde d'azote réside effectivement dans des véhicules moins polluants et moins de véhicules. Avec d'autres effets bénéfiques à la clé.

«Cela permettrait de résoudre à la fois les questions du changement climatique, du bruit et (...) du manque d'exercice si les gens sont poussés à marcher ou faire du vélo», dit-il.




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