Washington s'engage à réduire ses émissions de GES d'ici 2025

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L'objectif affiché de la communauté internationale est de limiter le réchauffement de la planète à 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

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Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
WASHINGTON

Quatre mois après l'annonce d'un accord inédit avec Pékin sur le climat, les États-Unis ont confirmé mardi leurs objectifs chiffrés pour 2025 avec l'espoir de conclure un accord mondial à Paris permettant d'enrayer la hausse du thermomètre.

Pour le président Barack Obama, qui a fait de la lutte contre le changement climatique une priorité, un dénouement positif dans la capitale française en décembre, six ans après l'échec cuisant du sommet de Copenhague auquel il a participé, serait un symbole fort.

Les États-Unis, deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre derrière la Chine, se sont engagés sur une réduction de 26% à 28% de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2025 par rapport à 2005.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, qui présidera la conférence de Paris, a salué cette annonce qui «confirme l'engagement des États-Unis dans la lutte contre le dérèglement climatique».

Ces chiffres ont été accueillis plutôt favorablement par les ONG environnementales qui ont cependant jugé qu'un effort supplémentaire serait nécessaire pour atteindre l'objectif fixé: limiter le réchauffement à 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

Pour Oxfam, l'annonce américaine «nous rapproche d'un accord mondial en 2015» mais ne représente pas «le niveau d'ambition nécessaire pour éviter un changement climatique catastrophique».

Les chiffres transmis au secrétariat général de la Convention climat des Nations unies représentent un «engagement important» mais l'offre actuelle «est clairement insuffisante pour rester sous la barre des 2°C», a renchéri l'ONG 350.org.

Et l'organisation environnementale de profiter de l'occasion pour réclamer le rejet du projet de l'oléoduc Keystone XL entre le Canada et les États-Unis. «Le président Obama ne peut prétendre être déterminé à réduire les émissions s'il autorise dans le même temps un projet majeur de développement des énergies fossiles», estime-t-elle.

«Accord historique» 

Face à l'opposition farouche du Congrès - dominé par les républicains - à toute loi sur le climat, le président démocrate a choisi la voie réglementaire pour faire bouger les lignes, en s'appuyant en particulier sur l'Agence de protection de l'environnement(EPA).

«Ces engagements sont ambitieux et atteignables avec les lois existantes», a martelé mardi Brian Deese, son conseiller pour le climat.

En juin, M. Obama a ainsi annoncé de nouvelles normes pour une réduction draconienne des émissions de CO2 pour les centrales électriques existantes: baisse de 30% d'ici 2030 par rapport à 2005. Le charbon, qui fournit plus d'un tiers de l'électricité consommée aux États-Unis, reste une composante centrale du paysage énergétique américain.

«Nous avons les outils nécessaires pour atteindre ces objectifs et nous savons qu'ils sont bons pour notre économie, notre santé et notre futur», a ajouté M. Deese.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat américain Mitch McConnell a vivement réagi. Dans un communiqué cinglant, il a jugé que même si toutes les mesures «destructrices d'emplois et probablement illégales» proposées par M. Obama étaient mises en place, les États-Unis ne seraient pas en mesure de tenir leurs engagements.

L'Union européenne a été la première à transmettre, début mars, son plan post-2020 à l'ONU. Les 28 prévoient une baisse de 40% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport à 1990.

«C'est une grande année pour le changement climatique», a souligné Todd Stern, principal négociateur américain. «Nous avons la possibilité de conclure un accord historique», a-t-il ajouté, se déclarant convaincu que les États-Unis étaient en position de jouer un rôle moteur dans les mois à venir.

M. Stern, fin connaisseur des arcanes des négociations, est cependant resté évasif sur l'épineuse question de la nature juridique de l'accord qui pourrait être conclu à Paris.

La Constitution américaine dispose que tout traité légalement contraignant doit être ratifié par les deux tiers du Sénat, une équation impensable dans l'équilibre politique actuel. La Maison-Blanche est en quête d'une formule hybride qui permettrait d'éviter un vote couperet, une piste dénoncée avec force par nombre de républicains qui crient au déni de démocratie.

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