Accord sur l'énergie: pas de réduction absolue des émissions de GES

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Les premiers ministres provinciaux réunis à St. John's, à Terre-Neuve-et-Labrador, vendredi.

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L'expansion des sables bitumineux pourra se poursuivre sans s'encombrer d'un objectif de réduction absolue des émissions de gaz à effet de serre (GES), selon les termes de la Stratégie canadienne de l'énergie adoptée hier à St. John's, à Terre-Neuve-et-Labrador, par l'ensemble des premiers ministres provinciaux.

En revanche, selon le communiqué publié par le Conseil de la fédération, «les provinces et les territoires sont maintenant mieux positionnés pour développer, transporter et transmettre l'énergie».

La version définitive du texte promet de «rechercher activement des réductions d'émissions de gaz à effet de serre». Cependant, une version préliminaire du même document proposait de «rechercher activement des réductions absolues».

La différence est majeure. On observe déjà dans l'économie une réduction de l'intensité de la pollution climatique. Cela veut dire que chaque dollar du produit intérieur brut implique de moins en moins de pollution.

Comme l'économie croît, les émissions absolues peuvent augmenter même si l'intensité des émissions décroît.

Toutefois, seules les réductions absolues permettront de freiner le réchauffement climatique.

Couillard défend l'entente

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a défendu l'entente.

«On est arrivés au début des travaux sur ce document avec un document qui était quasi muet sur la question de l'environnement et des changements climatiques. Alors c'est un progrès considérable qui a été accompli par le fait même que ces questions ont été bien intégrées», a-t-il soutenu.

Il s'est aussi réjoui que l'énergie n'ait pas seulement été abordée sous l'angle de celles qui sont non renouvelables, mais aussi sous l'angle de celles qui le sont, notant que pour ces dernières, «le Québec joue un grand rôle».

La Stratégie est aussi demeurée floue sur les moyens de contrer les émissions de GES.

Un des axes de mise en oeuvre est d'«explorer la possibilité d'élargir à tout le Canada le recours au concept de marché comme mécanisme de gestion du carbone».

Nulle mention d'une exigence que ce marché du carbone soit un préalable à l'expansion des projets d'exploitation d'hydrocarbures, comme le souhaitent les groupes écologistes.

De même, l'objectif d'un travail de collaboration «pour une approche intégrée et nord-américaine de réduction des gaz à effet de serre» pose cette voie comme une série d'«options» et apparaît maintenant comme un voeu plus qu'un engagement.

«Malgré quelques déclarations encourageantes sur le climat et les énergies renouvelables, cette stratégie ne priorise pas les sources d'énergie durables, n'impose aucune cible contraignante et ne permet pas la transition vers une économie faible en carbone, tel que demandé par les scientifiques», a estimé Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace.

La première ministre de Colombie-Britannique, Christy Clark, a tout de même tenu à souligner le succès de la taxe carbone adoptée dans sa province il y a sept ans. «Nous sommes en tête du pays pour la croissance économique, maintenant, alors que des gens prédisaient qu'une taxe carbone allait étouffer la croissance.»

Critiques

La conclusion de l'entente survient alors que le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, avait critiqué certains de ses collègues qui, selon lui, ne tenaient pas assez compte de l'importance des industries pétrolière et gazière dans le développement de l'économie.

Il a mentionné un chapitre de la stratégie sur le transport du pétrole au pays qui parle d'indépendance énergétique et de l'importance d'ajouter de la valeur à ce qui est exporté.

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, a exprimé son soutien aux mesures environnementales incluses dans la Stratégie, affirmant que les premiers ministres ont trouvé un juste équilibre.

«Il y a la question d'une économie forte et celle d'avoir de solides protections environnementales, et ces deux choses ne sont pas mutuellement exclusives, a-t-elle dit. En fait, elles doivent être complémentaires. Et cela, pour moi, est le travail fondamental de ce document.»

- Avec La Presse Canadienne

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