Réduction des GES: le Québec est loin de ses cibles

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Des environnementalistes estiment que l'objectif de 2020, soit une réduction de 20 % des émissions de GES par rapport aux niveaux de 1990, est quasi utopique, d'autant plus que le plan 2013-2020 n'est même pas encore élaboré.

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Le Québec a atteint de justesse ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre (GES), soit une baisse de 6 % par rapport au niveau de 1990, mais c'est surtout à cause du ralentissement économique et tout indique qu'il sera très loin de son objectif de 2020.

Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, a rendu public la semaine dernière le bilan du Plan d'action 2006-2012 sur les changements climatiques qui fait état d'une réduction totale d'un peu plus de 2,1 millions de tonnes de gaz à effet de serre.

Or, l'objectif du plan au départ était de réduire ces émissions de 14,6 millions de tonnes. Cependant, puisque la croissance économique n'était pas au rendez-vous, la réduction obtenue s'est avérée suffisante en fin de compte pour atteindre l'objectif de réduction de 6 %.

«Ça reste quand même loin de ce qui était prévu. Les programmes ont été beaucoup plus longs à mettre en place que prévu. L'argent n'a pas tout été dépensé, il y a eu un changement de gouvernement et certains programmes ont été suspendus pour réévaluation», a indiqué le responsable de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace, Patrick Bonin.

«Ils ont mis en place un programme, on arrive à la fin et on se rend compte qu'il y a de l'argent qui n'a pas été dépensé, près de 460 millions de dollars», a-t-il ajouté.

Greenpeace et l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) saluent néanmoins la transparence du gouvernement, qui s'était fait reprocher par le Commissaire au développement durable dans un passé récent des lacunes sévères en matière de reddition de comptes relativement au Plan d'action.

Ils reconnaissent, par exemple, que certains efforts ont porté fruit, notamment l'imposition des normes californiennes pour les émissions des véhicules, les programmes de conversion à l'électricité du chauffage au mazout et de captation du méthane dans les sites d'enfouissement.

«C'est plus clair, l'argent investi, ce que ça rapporte comme réduction de gaz à effet de serre. Malheureusement, ça arrive tard et on se rend compte que, n'eût été de la crise économique, du ralentissement et de la fermeture de certaines usines, probablement que Québec aurait manqué complètement son objectif», a dit M. Bonin.

Dans cette optique, les environnementalistes doutent que l'objectif de 2020, soit une réduction de 20 % des émissions de GES par rapport aux niveaux de 1990, soit réaliste, d'autant plus que le plan 2013-2020 n'est même pas encore élaboré.

«Où s'en va le Québec? Sommes-nous capables d'atteindre notre objectif? Maintenant, il n'y a plus de plan et c'est une autre situation qui nous inquiète. Nous n'avons pas de plan pour atteindre les objectifs en 2020», a déploré le porte-parole de Greenpeace.

Il fait valoir que la tâche s'annonce colossale puisque le Québec verra s'ajouter, durant cette période, les émissions d'une méga cimenterie à Port-Daniel, d'une usine d'engrais de 1,6 milliard de dollars à Bécancour et du forage de pétrole de schiste.

«Nous ne sommes clairement pas en voie d'atteindre l'objectif pour 2020 et c'est pourquoi le gouvernement doit mettre les bouchées doubles car, plus on attend, plus ça coûte cher de réduire nos émissions», a-t-il dit.




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