Une entreprise québécoise coupable de trafic de peaux d'ours blancs

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Un ours blanc de la baie de Baffin

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L'entreprise Fourrures Mont-Royal a été reconnue coupable de trois chefs d'accusation pour avoir exporté des peaux d'ours blancs en Chine, alors que la loi ne le permet pas. Le fourreur, qui avait pignon sur rue dans le Vieux-Montréal, a voulu faire passer des peaux d'ours de la baie de Baffin pour des peaux d'une autre origine. Au Canada, depuis 2010, les peaux d'ours blancs de la baie de Baffin ne peuvent quitter le pays.

Ce sont des inspecteurs d'Environnement et Changements climatiques Canada qui se sont aperçus du subterfuge. Les informations communiquées par Fourrures Mont-Royal ne concordaient pas avec les peaux destinées à l'exportation. L'entreprise a plaidé coupable à trois chefs d'accusation devant la Cour provinciale du Québec le 3 octobre dernier pour exportation illégale.

Deux peaux ont quitté le pays, et les autres ont été bloquées lors de l'inspection à la douane. Fourrures Mont-Royal a reçu une amende totale de 22 500 $. «La vente des peaux lui aurait procuré trois fois plus d'argent en profits», indique Jonathan Campagna, directeur régional d'application de la Loi sur la faune à Environnement et Changements climatiques Canada.

Un ours polaire naturalisé peut même se vendre 50 000 $, explique M. Campagna, qui précise que le chasseur autochtone qui l'a abattu aura reçu autour de 1000 à 1500 $ pour la peau. Seuls les autochtones peuvent chasser l'ours polaire au Canada, selon un programme de gestion de l'espèce. Les Asiatiques sont de bons clients pour ce genre de fourrure ou d'animaux reconstitués. «Environ 90% des peaux d'ours blancs quittent le Canada», précise Jonathan Campagna.

Programme de traçabilité

Ce qui est tout à fait légal, tant que les papiers sont en règle et qu'il ne s'agit pas d'ours de la région de la baie de Baffin. Les inspecteurs fédéraux visitent régulièrement des commerces, des maisons d'encan et des taxidermistes. Ce genre d'infraction est rare, mais pas inhabituel.

Les contrevenants auront toutefois la vie plus dure : Ottawa termine un programme de traçabilité pour les ours des régions du Nunavut, du Nunavik et des Territoires du Nord-Ouest, là où sont capturés la plupart des ours polaires canadiens. Les peaux d'animaux seront munies d'une puce, et l'on prélèvera des échantillons de poils et d'ADN, ce qui rendra la fraude presque impossible. Pour le moment, Jonathan Campagna évalue le taux de conformité à environ 90%.

Quant à Fourrures Mont-Royal, impossible hier de joindre son propriétaire Konstantinos Dios, qui aurait pris sa retraite depuis l'incident, laissant son commerce de la rue Saint-Paul Est, dans le Vieux-Montréal, à des amis qui ont changé le nom de la boutique.




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