Le BAPE recommande à Québec de mener une étude avant de déporter les caribous

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La commission dit reconnaître que la population de caribous se trouve dans une situation «critique», mais demande au gouvernement de ne pas baisser les bras et d'adopter des «mesures exceptionnelles» pour préserver l'espèce dans son habitat naturel.

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Magdaline Boutros
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) recommande au gouvernement du Québec de réaliser une étude de viabilité avant de déporter la vingtaine de caribous forestiers de la harde de Val-d'Or au zoo de St-Félicien.

Dans un rapport publié vendredi, le BAPE ajoute qu'il est «prématuré de conclure à l'impossibilité de rétablir cette population» sans qu'une étude en bonne et due forme ne soit réalisée.

Cette recommandation se trouve dans un rapport du BAPE se penchant sur les impacts environnementaux du projet de mine Akasaba Ouest à Val-d'Or. Ce projet, piloté par Mines Agnico Eagle, vise à creuser une mine à ciel ouvert dans un secteur situé à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Val-d'Or pour en exploiter les gisements d'or et de cuivre.

Le président de la commission d'enquête du BAPE, Louis-Gilles Francoeur, précise que la décision du gouvernement Couillard de capturer et déplacer les derniers caribous de Val-d'Or a été annoncée au moment où l'équipe d'enquête terminait la rédaction du rapport. La vingtaine de caribous vit dans un secteur préservé appelé la Réserve de biodiversité des Caribous-de-Val-d'Or qui se situe à proximité du site de la mine.

La commission d'enquête mentionne que cette ultime solution ne devrait être envisagée que si des experts indépendants, chargés de mener l'étude, concluaient que le déclin de la population de caribous forestiers est «irréversible» et que l'adoption de nouvelles mesures de protection ne conduirait pas «à son autosuffisance».

La commission dit reconnaître que la population de caribous se trouve dans une situation «critique», mais demande au gouvernement de ne pas baisser les bras et d'adopter des «mesures exceptionnelles» pour préserver l'espèce dans son habitat naturel.

Les enquêteurs du BAPE stipulent que le caribou forestier - une espèce classée «vulnérable» par le gouvernement du Québec et jugée «menacée» par le gouvernement du Canada - est «particulièrement sensible aux perturbations anthropiques».

Soulignant que le taux moyen de perturbation de l'habitat du caribou est déjà beaucoup trop élevé, la commission demande qu'un plan de restauration de l'habitat soit mis en place par le gouvernement pour recréer des «aires favorables à l'espèce».

Le projet de mine, qui créera une «pression supplémentaire dans un milieu déjà fortement perturbé», ne devrait être autorisé que lorsque la harde de Val-d'Or aura retrouvé son seuil d'autosuffisance, conclut la commission d'enquête du BAPE.

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs Luc Blanchette n'a pas voulu commenter dans l'immédiat la recommandation du BAPE. Son attachée de presse Gabrielle Fallu a mentionné que le ministre souhaitait prendre le temps de bien lire le rapport avant de se prononcer.




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