Zimbabwe: 26 éléphants empoisonnés

Le braconnage, qui vise essentiellement les rhinocéros et... (PHOTO PHILIMON BULAWAYO, ARCHIVES REUTERS)

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Le braconnage, qui vise essentiellement les rhinocéros et les éléphants, se répand rapidement au Zimbabwe, où les conditions économiques se sont terriblement détériorées ces dernières années.

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Agence France-Presse
HARARE

Vingt-six éléphants viennent d'être retrouvés empoisonnés au cyanure par des braconniers dans différents parcs du Zimbabwe, portant le total à 40 morts en deux mois, ont annoncé les autorités des parcs jeudi.

Les braconniers tuent les éléphants pour s'emparer de leurs défenses, vendues ensuite sur le marché clandestin de l'ivoire, essentiellement chinois, pour en faire des objets d'art. De 30 000 à 40 000 éléphants sont tués chaque année en Afrique pour alimenter ce trafic, mettant en danger la survie de l'espèce à moyen terme.

Au Zimbabwe, dix carcasses ont été retrouvées près du camp de Sinamatela, à proximité du célèbre parc national de Hwange, et 16 autres dans un état de décomposition avancé à Dzibanini, non loin de la frontière du Bostwana.

En septembre, 14 éléphants avaient été retrouvés empoisonnés.

En 2014, 300 éléphants avaient été tués de la même façon dans le pays.

«Nous renforçons la surveillance», a indiqué Alvin Ncube, président de l'autorité des parcs du Zimbabwe: «Très bientôt, nous allons disposer de drones et de quads pour patrouiller et repérer les gens qui pénètrent illégalement dans les parcs».

M. Ncube a admis que pour l'instant, il était facile aux braconniers de passer inaperçus dans les parcs.

«Nous mettons en place des stratégies, et la plus importante consiste à impliquer les communautés locales dans la lutte contre le braconnage», a-t-il ajouté. «Ils doivent trouver un bénéfice à l'existence de ces parcs naturels, de façon à ce qu'ils ne considèrent plus les animaux sauvages comme des ennemis».

Commentant les dernières découvertes de carcasses, l'ONG Zimbabwe Conservation Task Force (ZCTF) a cependant accusé des responsables corrompus de détourner l'argent généré par les parcs, au détriment des communautés locales.

«Ces communautés qui vivent près des parcs sont censées tirer bénéfice des animaux, mais elles ne reçoivent rien, alors elles se mettent à empoisonner les animaux et à alimenter le trafic illégal», a dénoncé le porte-parole de ZCTF Johnny Rodrigues, interrogé par l'AFP.

L'argent des parcs doit en principe être reversé en partie aux villages avoisinants pour la construction d'écoles, de routes ou de réseaux d'eau potable.

«Rien n'est fait pour eux parce que c'est orchestré par quelques chefs», responsables gouvernementaux, a affirmé M. Rodrigues.

Le braconnage, qui vise essentiellement les rhinocéros et les éléphants, se répand rapidement au Zimbabwe, où les conditions économiques se sont terriblement détériorées ces dernières années.

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