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Les bélugas moins nombreux que jamais dans le Saint-Laurent

Le transport du pétrole sur le Saint-Laurent représente... (PHOTO ALAIN DÉCARIE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le transport du pétrole sur le Saint-Laurent représente un risque pour la survie du béluga, selon un rapport fédéral qui sera présenté au gouvernement dans les prochaines semaines.

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(Québec) On ne compterait plus que 889 bélugas dans le Saint-Laurent, une fraction de la population d'origine, selon un rapport fédéral qui sera présenté au gouvernement Harper dans les prochaines semaines. Un document dans lequel l'augmentation du transport de pétrole sur le fleuve et la construction d'un port à Cacouna sont décrits comme une menace pour le mammifère marin.

L'automne dernier, le Comité sur la situation des espèces en péril du Canada (COSEPAC) a désigné le béluga comme une espèce «en voie de disparition» et non plus comme une espèce «menacée». La Presse a obtenu un exemplaire dit «sous presse» de l'analyse finale du comité, ce qui veut dire qu'il n'a pas encore été révisé, traduit et présenté au gouvernement.

Une population en déclin

La population des bélugas du Saint-Laurent a déjà avoisiné 10 000 baleines au XIXe siècle, mais elle a chuté depuis les années 20 à cause de la chasse et de la pollution. Leur nombre semblait s'être stabilisé, dans les années 80, à environ 1000 individus. Mais les scientifiques ont observé un nouveau déclin à partir du début des années 2000. Selon le dernier modèle, on ne compterait plus que 889 individus, révèle le rapport. Il y aurait 583 individus matures, soit un déclin de 75% à 82% en trois générations.

La proportion des jeunes baleines a diminué au cours des dernières années, constatent les chercheurs, ce qui pourrait trahir des troubles de reproduction. On a découvert huit carcasses de nouveau-nés en 2008, huit autres en 2010 et 16 en 2012. Ce nombre est jugé «inhabituellement élevé» par les scientifiques. Selon eux, l'efficacité de reproduction pourrait avoir changé au cours des 15 dernières années.

Le pétrole, facteur de risque

Le transport du pétrole sur le Saint-Laurent présente un risque accru pour la survie du béluga, selon le rapport du COSEPAC. Le trafic de pétroliers a augmenté en 2014, avec l'ouverture d'un terminal de transbordement à Sorel. Les chercheurs citent également le port pétrolier que TransCanada envisage de bâtir à Cacouna. «Parce que le territoire occupé par les bélugas du Saint-Laurent est limité et considérant le port pétrolier proposé dans leur habitat critique, une fuite de pétrole majeure pourrait affecter un nombre significatif d'individus et avoir des conséquences à long terme dans une grande proportion de leur habitat.»

Des maladies mortelles

Les maladies infectieuses sont la plus importante cause de décès connue des bélugas et cette menace pourrait croître dans les prochaines années, à mesure que le climat se réchauffe et que de nouvelles espèces exotiques font leur apparition dans le Saint-Laurent. Plusieurs facteurs rendent les bélugas du Saint-Laurent vulnérables aux maladies épizootiques, indique le rapport, notamment leur petite population, leur comportement grégaire, leur distribution limitée dans l'espace, leur isolement des populations voisines et la possibilité que leur système immunitaire soit affaibli par l'exposition chronique à des polluants.

Le béluga est désigné comme espèce «menacée» depuis 2004. Le gouvernement fédéral a défini son habitat critique en 2012. À cette époque, le rétablissement de l'espèce était jugé faisable et on espérait que la population revienne à 7070 individus en 2050. Cet objectif a été revu à la baisse depuis, peut-on lire dans le rapport, qui souligne que la loi fédérale oblige Ottawa à protéger l'habitat critique d'une espèce menacée dans un délai de six mois. «Par contre, la protection légale de l'habitat critique du béluga du Saint-Laurent qui, selon les exigences de la loi, devait être adoptée en septembre 2012, était toujours attendue en septembre 2014.»

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