Un juge de la Cour supérieure de l'Ontario a annulé l'interdiction de la Ville de Toronto de la vente d'ailerons de requin.

Dans une décision rendue vendredi, le juge James Spence a indiqué qu'un règlement municipal interdisant la vente de ce produit et de plats tels que la soupe d'aileron, une spécialité chinoise, ne relevait pas de la juridiction de la ville.

Le conseil municipal avait pourtant adopté ce règlement l'an dernier, et ce à très forte majorité, après un vif débat lors duquel des membres de la communauté chinoise avaient qualifié l'interdiction de discriminatoire.

L'utilisation des ailerons de requin est devenue fortement controversée en raison de la façon dont ceux-ci sont récoltés, alors que des défenseurs des droits des animaux affirment que la surpêche menace d'extinction plusieurs espèces de requins.

Des conseillers municipaux ont cité des arguments environnementaux et de traitement cruel des requins pour justifier leur appui de l'interdiction.

La branche canadienne de l'organisme de défense des animaux Humane Society International affirme que le jugement de la cour s'inscrit en faux par rapport à l'opinion des conseillers municipaux et de plusieurs Torontois.

«La décision de la cour vient contrer la volonté de plusieurs résidants de Toronto, dont plusieurs citoyens sino-canadiens, qui veulent s'assurer que leur ville ne contribue pas à la vente d'ailerons de requins», a déclaré Gabriel Wildgen, un partisan de l'interdiction, par voie de communiqué.

La conseillère Kristyn Wong-Tam, qui a co-déposé le projet de règlement municipal, a laissé entendre qu'un renvoi en appel du jugement était envisagé, selon une déclaration de la Humane Society.

Une poignée d'autres villes canadiennes ont déjà mis en place leurs propres interdictions, tandis que Vancouver et Calgary débattent toutes deux de l'adoption d'un règlement contre les ailerons de requin.