Énergie Est: les opposants ne crient pas encore victoire

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Dans son communiqué, l'entreprise de Calgary écrit qu'elle veut mesurer l'impact de ces changements sur «le coût, l'échéancier et la viabilité» du projet Énergie Est évalué à 15,7 milliards.

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Mylène Crête
La Presse Canadienne
OTTAWA

L'Office national de l'énergie (ONÉ) accepte d'interrompre l'évaluation du projet d'oléoduc Énergie Est pour une période de 30 jours, comme le réclamait la société TransCanada. Aucune consultation ou décision n'aura lieu durant cette période.

L'examen du projet de gazoduc Réseau principal Est, qui doit être effectué en même temps, est également suspendu.

TransCanada avait demandé cette suspension à l'ONÉ jeudi pour étudier les changements récents apportés par l'organisme de réglementation à son processus d'évaluation environnementale.

L'ONÉ avait décidé d'élargir ce processus pour tenir compte de la production de gaz à effet de serre (GES) en amont et en aval du projet, donc non seulement durant la construction et l'exploitation de l'oléoduc, mais également pour les phases de production et de consommation du pétrole qui y circulerait.

Dans son communiqué, l'entreprise de Calgary écrit qu'elle veut mesurer l'impact de ces changements sur «le coût, l'échéancier et la viabilité» du projet Énergie Est évalué à 15,7 milliards.

C'est peut-être le début de la fin pour Énergie Est, mais des groupes qui militent depuis des années contre ce projet au Québec ne se réjouissent pas encore.

«C'est une avancée importante, mais de là à crier victoire, non, parce que tant qu'à nous, tant que (le projet) n'est pas mort, il n'est pas mort», a réagi le président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, André Bélisle.

«C'est sûr qu'on ne crie pas victoire tout de suite», s'est exclamée la porte-parole du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec, Carole Dupuis.

«On se réserve une petite gêne, on va continuer à être très vigilants et à faire valoir nos points de vue, mais je pense que c'est le début de la fin», a-t-elle continué.

Elle perçoit la décision de TransCanada comme une façon pour l'entreprise de préparer l'abandon du projet.

L'oléoduc de 4500 kilomètres doit acheminer 1,1 million de barils de pétrole par jour des sables bitumineux de l'Alberta et de la Saskatchewan jusqu'au Nouveau-Brunswick, en passant par le Québec et l'Ontario.

Le pétrole est destiné aux raffineries de l'est du pays, mais aussi aux marchés d'exportation, à partir du port de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Un mauvais signal

«C'est une nouvelle terrible pour tous les chômeurs du secteur des ressources naturelles dans l'Ouest canadien et pour les gens de l'Atlantique qui espéraient avoir leur part de la richesse qui aurait été créée par cet oléoduc», a déclaré vendredi le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer.

Il a accusé le gouvernement Trudeau d'avoir ajouté des «barrières artificielles» dans le processus d'approbation qui ne font rien pour améliorer la sécurité de l'oléoduc ou la protection de l'environnement.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, entend faire tout ce qui est en son pouvoir pour que ce projet de pipeline voie le jour. Son annulation serait un dur coup à encaisser pour les Néo-Brunswickois puisque Énergie Est créerait des milliers d'emplois dans cette province.

«On est en train d'étrangler notre secteur des ressources», a affirmé Germain Belzile, chercheur à l'Institut économique de Montréal (IEDM).

Il estime que les projets énergétiques sont de plus en plus soumis à un impératif politique, ce qui fait fuir les investissements dans ce secteur aux États-Unis.

«Il y a beaucoup d'incertitude, a-t-il expliqué. Les entreprises ne savent pas du tout, du tout, si leur projet va aboutir un jour, quand est-ce que ça va aboutir et quel résultat ça va donner.»

Il cite en exemple l'annulation à la fin du mois de juillet du projet de liquéfaction de gaz naturel de Petronas en Colombie-Britannique. Un projet de 36 milliards.

Le premier ministre Justin Trudeau croit plutôt que la demande de TransCanada «n'est pas une mauvaise chose».

«On sait que tous les projets, il faut s'assurer d'avoir le bon équilibre entre les emplois, la croissance économique et la protection de l'environnement, a-t-il dit vendredi lors de son passage au Festival western de Saint-Tite. Je pense que c'est important de prendre son temps. C'est important d'avancer aussi de façon respectueuse de tout le monde et de prendre un moment pour réfléchir et se réaligner.»

L'ONÉ a fait savoir vendredi qu'elle reportait d'un mois et demi la date limite pour la mise à jour des projets Énergie Est et Réseau principal Est. TransCanada a maintenant jusqu'au 27 octobre pour fournir toute documentation supplémentaire afin de se conformer aux nouvelles exigences de l'évaluation environnementale.




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