États-Unis: un juge ordonne une étude sur un oléoduc controversé

Le pipeline Dakota Access en construction.... (Photo archives Associated Press)

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Le pipeline Dakota Access en construction.

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Agence France-Presse
Washington

Un juge fédéral a ordonné une étude environnementale sur l'oléoduc Dakota Access, ouvrant ainsi la voie à une possible suspension du projet contesté par des tribus indiennes et des écologistes.

Dans sa décision de 91 pages rendue mercredi, le juge de Washington James Boasberg estime que les ingénieurs de l'armée américaine n'ont pas pris en considération tous les effets d'une éventuelle fuite de pétrole sur des droits de la tribu sioux de Standing Rock qui l'avait saisi en février, soutenue par la tribu sioux voisine Cheyenne River.

Le juge a ordonné aux deux parties de se présenter devant lui mercredi prochain pour décider des prochaines étapes judiciaires.

Cette décision constitue une victoire partielle pour les Amérindiens. Soutenus par des stars d'Hollywood et de grandes organisations de défense de l'environnement, ils ont mené depuis le printemps 2016 un long combat contre ce pipeline de 1886 km accusé de passer sur des sites sacrés et de menacer leurs sources d'eau potable.

Il revenait à l'armée de donner l'autorisation finale sur le tracé pour que l'oléoduc soit construit sous la rivière Missouri et le lac artificiel Oahe, dans le Dakota du Nord, car des terrains de l'armée bordent ces réservent d'eau. Le Corps des travaux publics de l'armée avait approuvé le tracé en février. La tribu sioux avait alors engagé des poursuites à son encontre. 

Même si le Corps des travaux publics de l'armée américaine s'est «substantiellement conformé» aux lois fédérales sur l'environnement, «il n'a pas pris en compte de manière adéquate les impacts d'une fuite de pétrole sur les droits de pêche, les droits de chasse ou la justice environnementale, ou le seuil à partir duquel les effets de l'oléoduc pourraient devenir hautement discutables», écrit le juge.

«Pour remédier à ces violations, le Corps devra reconsidérer ces passages de son analyse environnementale sur renvoi du tribunal», poursuit-il.

L'oléoduc, opéré par Energy Transfer Partners, a commencé en mai à transporter du pétrole brut depuis le Dakota du Nord, à la frontière canadienne, un des principaux pôles de production de gaz et de pétrole de schiste aux États-Unis, vers un centre de distribution dans l'Illinois, plus au sud.

Bien que le juge Boasberg n'ait pas suspendu les livraisons de pétrole, sa décision indique que cela pourrait être considéré ultérieurement.

Le juge Boasberg avait rejeté en septembre 2016 une demande de la tribu de Standing Rock d'interrompre les travaux de l'oléoduc, mais le gouvernement de l'ex-président Barack Obama avait alors gelé le chantier.

Le président Donald Trump a relancé le projet fin janvier à peine entré en fonction, parallèlement à un autre projet controversé d'oléoduc, le Keystone XL.

Le président des sioux de Standing Rock, Dave Archambault, s'est félicité de la décision du juge.

«Nous allons demander au tribunal de stopper immédiatement les opérations de l'oléoduc», a-t-il déclaré dans un communiqué.

«Nous applaudissons les tribunaux qui protègent nos lois et règlements d'influences politiques indésirables», a-t-il également dit.

Selon lui, «l'administration précédente avait minutieusement pris en considération les conséquences de ce pipeline et le président Trump a hâtivement écarté ces prudentes considérations environnementales au profit d'intérêts politiques et personnels».




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