Énergie Est doit être un enjeu électoral au Québec, dit Gabriel Nadeau-Dubois

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Gabriel Nadeau-Dubois

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Giuseppe Valiante
La Presse Canadienne

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti libéral du Canada (PLC) doivent prendre position contre le projet d'oléoduc Énergie Est s'ils espèrent obtenir du succès au Québec lors des prochaines élections fédérales, affirme Gabriel Nadeau-Dubois, ancien porte-parole du mouvement étudiant durant le printemps 2012.

Le jeune homme de 24 ans ayant été reconnu pour son charisme et son discours éloquent contre la hausse des droits de scolarité en 2012 utilise sa notoriété cette fois pour tenter de stopper le projet de TransCanada de faire transiter le pétrole albertain par le Québec.

M. Nadeau-Dubois a fait valoir en entrevue que s'ils voulaient leur part des 78 circonscriptions fédérales au Québec, les partis fédéraux se devaient d'avoir «une position sur Énergie Est qui reflète les positions des gens sur le terrain».

Des récents sondages laissent croire que la plupart des Québécois ne sont pas favorables au projet, mais on ignore quelle importance l'enjeu des oléoducs aura dans le cadre de la prochaine campagne électorale.

Le doute plane aussi quant à savoir si M. Nadeau-Dubois et d'autres personnalités opposées à Énergie Est - comme le metteur en scène Dominic Champagne - seront en mesure de peser dans la balance d'un projet pancanadien, qui créerait des milliers d'emplois et générerait des milliards pour l'économie canadienne selon ce qu'en dit TransCanada.

Les libéraux fédéraux se sont dits favorables au projet d'oléoduc - sous certaines conditions -, tandis que le NPD n'a pas encore précisé sa position.

L'objectif de M. Nadeau-Dubois est d'encourager les Québécois résidant à proximité du tracé prévu d'Énergie Est à faire pression sur les autorités locales pour le rejet du projet.

Sa campagne en ligne de financement populaire a permis de récolter 400 000 $ pour combattre Énergie Est, et le militant a indiqué que les premières sommes seraient dépensées pour amener les gens en autobus jusqu'à Québec, le 11 avril, pour une manifestation à l'échelle du pays contre les changements climatiques.

M. Nadeau-Dubois a dit qu'il ferait aussi une tournée des cégeps à travers la province pour tenter de convaincre les jeunes Québécois de se joindre au mouvement environnemental.

«J'essaie de me servir du fait que les gens me connaissent de 2012 pour leur dire, écoutez, là il y a un autre enjeu très important qui s'en vient, et je pense que le mouvement étudiant peut jouer un rôle dans la mobilisation contre Énergie Est», a-t-il exposé.

Érick Lachapelle, professeur adjoint au département de science politique de l'Université de Montréal, effectue des recherches sur l'économie politique et les politiques environnementales, et ses enquêtes laissent croire que jusqu'à deux tiers des Québécois s'opposent à Énergie Est.

«Les Québécois sont beaucoup plus en phase (que les autres Canadiens) avec le consensus scientifique sur les changements climatiques», a affirmé M. Lachapelle.

Le professeur adjoint a soutenu que le chef libéral Justin Trudeau «pourrait voir (une opposition à l'oléoduc) comme une occasion d'obtenir des votes au Québec» et qu'il en serait de même pour le chef néo-démocrate Thomas Mulcair.

Le porte-parole adjoint en matière de commerce international du NPD, Guy Caron, a affirmé que le tracé proposé traversait la circonscription qu'il représente au Québec, et que ses électeurs étaient encore indécis à l'égard d'Énergie Est.

«Nous n'avons pas été en faveur et nous ne sommes pas opposés (au projet), a argué le député de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques. Nous analysons le bien-fondé du projet.»

M. Caron n'a pas voulu dire si le parti adoptera une position définitive sur Énergie Est lors de la campagne électorale de l'automne.

Le député libéral fédéral de Saint-Laurent-Cartierville et ancien ministre de l'Environnement, Stéphane Dion, a indiqué que le PLC «disait »oui« (à l'oléoduc) s'il était bien fait, et que si ce n'était pas le cas, ce serait »non«».

M. Dion a affirmé que TransCanada se devait de répondre aux inquiétudes environnementales, économiques et sociales soulevées par le gouvernement du Québec et d'autres groupes dans la province.

Le député libéral a soutenu que les enjeux principaux en campagne seront «une économie forte et un gouvernement transparent», et non Énergie Est.

M. Nadeau-Dubois a fait valoir que la manifestation en avril à Québec - la Marche Action Climat - ne représentait «que le début», et a appelé les étudiants à travers le Québec à se joindre au mouvement environnemental.

«J'espère que le mouvement étudiant sera suffisamment ouvert et flexible pour travailler et discuter avec d'autres mouvements», a-t-il confié.

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