Port pétrolier de Cacouna: TransCanada tranchera d'ici la fin mars

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Le projet prévoit la construction d'un port en eau profonde au large de Cacouna pour exporter du pétrole albertain.

Collaboration spéciale Carl Thériault

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(Québec) TransCanada se donne jusqu'au mois prochain pour décider du sort du port pétrolier de Cacouna, tandis que l'opposition presse le gouvernement Couillard de demander la suspension des audiences fédérales pour étudier le projet Énergie Est.

Dans un communiqué diffusé vendredi, l'entreprise albertaine a indiqué qu'elle décidera du sort du port pétrolier d'ici au 31 mars, soit la fin du trimestre.

«Notre entreprise se soucie de l'environnement et des collectivités où se déroulent nos activités, a indiqué dans une déclaration le président d'Oléoduc Énergie Est, François Poirier. Ce fut toujours notre manière de faire depuis 60 ans et rien n'y changera.»

Le projet prévoit la construction d'un port en eau profonde au large de Cacouna pour exporter du pétrole albertain. Selon les documents produits à l'Office national de l'énergie (ONÉ), 175 pétroliers devraient desservir l'infrastructure chaque année.

L'entreprise a mis ce volet du projet sur la glace, début décembre, après qu'un comité fédéral eut changé la désignation du béluga de «menacé» à «en voie de disparition». Le site du port se trouve dans une zone de reproduction de ce mammifère marin, un habitat désigné comme «critique» pour l'espèce.

Une première version du rapport du Comité sur la situation des espèces en péril du Canada (COSEPAC), dont La Presse faisait état vendredi, identifie le transport du pétrole sur le Saint-Laurent et la construction du terminal de Cacouna comme des menaces pour le béluga.

«La science est sans équivoque, tranche le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin. Il est impossible de construire un port pétrolier dans la pouponnière des bélugas si on veut éviter l'extinction de cette espèce.»

À ses yeux, TransCanada cherche avant tout à gagner du temps en reportant sa décision sur le port de Cacouna. Il juge inacceptable que l'ONÉ, l'organisme fédéral chargé d'évaluer le projet Énergie Est, poursuive ses travaux sans qu'on connaisse la décision de l'entreprise.

Le Parti québécois a pressé le gouvernement Couillard de demander la suspension du processus d'évaluation de l'ONÉ, l'organisme fédéral qui se penche sur le projet Énergie Est.

Le député péquiste Sylvain Gaudreault estime que cette pause permettrait à Québec de mener sa propre évaluation environnementale et d'établir sa propre position sur le projet. Le gouvernement Couillard pourrait ainsi affirmer clairement son opposition à la construction d'un port pétrolier dans une zone sensible pour les bélugas.

M. Gaudreault craint que la compagnie ne tente de faire approuver en catimini son projet portuaire sans l'aval de Québec.

«La machine est partie du côté de l'ONÉ, a-t-il dit. TransCanada a déjà dit que seul l'ONÉ avait compétence pour évaluer son projet. M. Couillard a dit qu'il ne pourrait visiblement pas y avoir de port et, malgré cela, la compagnie continue de faire des études sur Cacouna.»

Le premier ministre Philippe Couillard avait invité TransCanada à étudier des sites alternatifs à Cacouna, début décembre, lorsque le COSEPAC a changé le statut du béluga du Saint-Laurent.

Au bureau du ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, il n'est pas question de se rendre à la demande du PQ. On rappelle que l'ONÉ a déjà évoqué la possibilité de prolonger ses travaux si nécessaire, notamment si des modifications étaient soumises par TransCanada.

«Il est faux de prétendre que l'ONÉ pourrait rendre une décision en catimini sans avoir réalisé l'ensemble de ses travaux d'évaluation, a indiqué la porte-parole du ministre, Véronique Normandin. Dans le cadre du processus d'évaluation, des consultations sont prévues et c'est à ce moment que le Québec fera entendre sa position à l'égard du projet de TransCanada à l'automne 2015.»

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