Rail ou oléoduc, le pétrole albertain se rendra aux États-Unis

L'ambassadeur canadien aux États-Unis, Gary Doer.... (Photo Mandel Ngan, Agence France-Presse)

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L'ambassadeur canadien aux États-Unis, Gary Doer.

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Les sables bitumineux

Environnement

Les sables bitumineux

Un éclairage sur la ruée vers l'or noir. »

Dean Bennett
La Presse Canadienne
Edmonton

Empêcher la réalisation du projet d'oléoduc Keystone XL n'empêchera pas un flot croissant de pétrole albertain de parvenir aux raffineries de la côte texane, a affirmé vendredi l'ambassadeur du Canada aux États-Unis.

Selon Gary Doer, la quantité de pétrole expédié par train au sud de la frontière a fortement augmenté au cours des deux dernières années, entraînant une croissance des émissions de gaz à effet de serre.

Dans un discours donné devant le Canadian Club d'Edmonton, M. Doer a souligné que ce type de transport d'or noir avait augmenté de 48 % en 2012, et que la hausse pourrait bien avoir atteint les 50 % en 2013.

Il a affirmé qu'à défaut de construire un oléoduc, davantage de pétrole circulerait sur les voies ferrées, ce qui augmenterait les émissions polluantes et les risques pour la sécurité, citant en ce sens le rapport sur le projet Keystone publié la semaine dernière par le département d'État américain.

Le projet, évalué à 7 milliards $, devrait transporter du pétrole brut issu des sables bitumineux aux raffineries et ports installés sur la côte du golfe du Mexique, au Texas.

Si ledit rapport souligne que l'exploitation des sables bitumineux génère 17 % plus d'émissions de gaz à effet de serre que l'extraction pétrolière traditionnelle, il indique également que Keystone XL ne ferait pas fortement augmenter les émissions de dioxyde de carbone.

Des détracteurs, dont des célébrités hollywoodiennes comme Robert Redford et Daryl Hannah, s'opposent farouchement au projet.

Pour eux, les risques d'un déversement et d'une catastrophe environnementale surpassent les avantages d'un oléoduc.

Ils affirment également que donner le feu vert au projet engagerait les États-Unis à utiliser une ressource qui augmente les émissions polluantes et contribue à la menace des changements climatiques.

Aux yeux de l'ambassadeur Doer, toutefois, le fort appui constaté aux États-Unis en faveur du projet ne peut être ignoré. «Partout où cet oléoduc doit passer, les gens sont d'accord», a-t-il dit.

«Dakota du Nord, Montana, Dakota du Sud, Nebraska, Kansas, Oklahoma, Texas - tout le monde soutient l'oléoduc.»

Il a par ailleurs rappelé à son auditoire qu'une coalition de républicains, de démocrates, de syndicalistes et de patrons américains s'était jointe à lui lors d'une conférence de presse, plus tôt cette semaine, afin de demander au président Barack Obama d'approuver le projet d'oléoduc piloté par l'entreprise TransCanada.

«J'ai toujours pensé que si les gens vivant sur le tracé appuyaient le projet, il n'était pas nécessaire d'écouter les gens d'Hollywood», a-t-il déclaré par la suite à des journalistes.

Plus tard vendredi, M. Doer s'est entretenu avec la première ministre albertaine, Alison Redford, pour discuter du projet Keystone XL et d'autres méthodes pour exporter les ressources énergétiques de la province vers les marchés américains.

De son côté, l'ex-premier ministre albertain Ed Stelmach, qui faisait partie de l'auditoire de M. Doer, a confié aux journalistes que si le transport de pétrole par rail était essentiel, celui-ci nuisait également au transport d'autres biens.

«Il y a une limite maximale à ce qui peut circuler sur les rails, et un nombre fini de locomotives pour tirer les wagons», a-t-il dit.

Il a d'ailleurs laissé entendre que les temps pourraient devenir plus durs pour l'agriculture «puisque nous ne pouvons simplement pas livrer nos grains sur les marchés».




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