Sables bitumineux: rentabilité ou protection de l'environnement?

Une photo aérienne des sables bitumineux d'Alberta.... (Photo d'archives)

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Une photo aérienne des sables bitumineux d'Alberta.

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Le climatologue James Hansen, récemment retraité de la NASA, a affirmé l'an dernier que l'exploitation des sables bitumineux signifiait la fin de la partie pour le climat («game over for the climate»), une affirmation qui a souvent été tournée au ridicule, y compris par le ministre des Ressources naturelles Joe Oliver.

«Si les sables bitumineux représentent un millième des émissions [mondiales], alors c'est ridicule pour lui de dire ça», a affirmé M. Oliver cette semaine en entrevue éditoriale à La Presse.

Cependant, plusieurs analyses sérieuses, dont une qui a été présentée au ministre Oliver par ses propres fonctionnaires, concluent que si on prend les moyens pour ralentir les émissions de gaz à effet de serre (GES), par une taxe carbone ou un plafond d'émissions, cela compromet la rentabilité des sables bitumineux.

Voici par exemple ce que concluait une étude récente de l'Université Harvard et du MIT publiée en août dernier dans la revue Energy Policy: «Les politiques climatiques auraient un impact significatif sur l'avenir des sables bitumineux du Canada. Cela est dû au fait que les émissions de CO2 liées à la production et au raffinage du bitume sont substantielles et que la demande de produits pétroliers serait en baisse.»

Limite de 2 degrés

À Copenhague en 2009, le Canada et les autres pays du monde se sont entendus pour limiter le réchauffement à 2 degrés Celsius, au-delà de quoi les changements climatiques deviennent «dangereux». Depuis, les appels se font de plus en plus pressants pour effectuer un virage énergétique et cesser d'investir dans les infrastructures des énergies fossiles.

Selon l'Agence internationale de l'énergie, si la tendance se maintient, d'ici 2017, toutes les infrastructures seront en place pour dépasser l'objectif de plus 2 degrés, sous forme de centrales au charbon, pipelines et autres.

En revanche, cette même agence affirme aussi que si la demande mondiale continue à croître, le monde aura besoin de «chaque goutte» du pétrole bitumineux albertain.

Avec ses 1900 km et sa capacité de 830 000 barils par jour, Keystone XL de la société TransCanada est considéré comme le plus important projet d'investissement actuellement aux États-Unis.

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