Les sables bitumineux, 5e menace climatique, selon Greenpeace

L'exploitation des sables bitumineux en Alberta est déjà... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)

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L'exploitation des sables bitumineux en Alberta est déjà responsable du rejet de 48 mégatonnes de gaz à effet de serre (GES) par année, soit 7 % des émissions totales du Canada.

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Les sables bitumineux

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Les sables bitumineux

Un éclairage sur la ruée vers l'or noir. »

(Ottawa) L'exploitation croissante des sables bitumineux arrive au cinquième rang des pires menaces climatiques au monde, selon un classement publié hier par Greenpeace. L'étude a été dévoilée le jour même où le projet de pipeline Keystone XL - qui doit transporter cette ressource vers les États-Unis - a franchi une étape cruciale.

L'exploitation des sables bitumineux en Alberta est déjà responsable du rejet de 48 mégatonnes de gaz à effet de serre (GES) par année, soit 7% des émissions totales du Canada. Or, la production est appelée à doubler, voire tripler au cours des prochaines années.

Si un tel scénario se concrétise, conclut l'étude commanditée par le groupe écologiste, il en résultera des émissions additionnelles de 420 mégatonnes d'ici 2020. Pour arriver à ce chiffre, il tient compte des émissions provoquées par l'extraction du pétrole et de celles provoquées par la combustion du produit raffiné.

Sur les 14 projets industriels recensés par Greenpeace, l'exploitation des sables bitumineux se classe ainsi au cinquième rang pour la quantité de GES qu'elle entraînera.

En première place, on trouve l'expansion des mines de charbon en Chine, qui entraînera l'émission de 1400 mégatonnes de GES d'ici la fin de la décennie. Viennent ensuite la hausse des exportations de charbon de l'Australie et de l'Indonésie, ainsi que les forages pétroliers dans l'océan Arctique (voir tableau).

«On ne peut pas nier qu'au Canada, un pays développé qui est supposé avoir un leadership international en matière de changements climatiques, on ne fait rien en ce moment, affirme le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin. Tout ce qu'on propose, c'est de contribuer au problème.»

Cette critique ne s'adresse pas qu'au gouvernement Harper, qui mise sur les ressources naturelles pour assurer la croissance économique. La première ministre québécoise Pauline Marois et son homologue albertaine Alison Redford ont récemment convenu de former un groupe de travail pour étudier la possibilité d'acheminer du pétrole de l'Ouest au Québec.

«Cette formule proposée manque complètement de transparence, dénonce M. Bonin. On ne connaît pas le mandat, les ressources, les échéanciers. Aucune consultation ou participation du public n'a été mentionnée là-dedans.»

Autre étude, autre résultat

L'Association canadienne des producteurs de pétrole (ACPP) fait valoir qu'une autre recherche, réalisée par le climatologue réputé Andrew Weaver, de l'Université de Victoria, a tiré une conclusion bien différente de celle de Greenpeace. Selon cette étude, la combustion de la totalité des réserves connues de pétrole des sables bitumineux provoquerait une hausse de la température terrestre de 0,03%, bien en deçà des prévisions.

Le vice-président de l'organisme, Greg Stringham, souligne que des avancées technologiques ont permis aux producteurs pétroliers de réduire les émissions de GES de 26% depuis 20 ans.

«En tant qu'industrie, notre objectif est de faire en sorte que, grâce à ces nouvelles technologies, les émissions qui résultent de l'exploitation des sables bitumineux soient très semblables à celles qui découlent de la production de pétrole conventionnel», a indiqué M. Stringham.

Étape franchie pour Keystone XL

L'étude de Greenpeace a été publiée quelques heures avant une décision cruciale pour les producteurs pétroliers du Canada. Le gouverneur du Nebraska a approuvé un tracé modifié du pipeline Keystone XL, qui doit acheminer chaque jour plus de 800 000 barils de pétrole albertain vers les raffineries du golfe du Mexique.

L'oléoduc que souhaite construire la société TransCanada devait à l'origine traverser les Sandhills, une zone écologique sensible. Devant la levée de boucliers des résidants et des écologistes, l'administration Obama a mis le projet sur la glace l'an dernier.

La nouvelle mouture du projet, qui contourne la région vulnérable, aura «un impact environnemental minime», estime le gouverneur du Nebraska. Le dossier se retrouve donc sur le bureau du président Obama.

M. Stringham a bon espoir que le projet ait le feu vert final.

«Cela mènera à l'approbation finale du projet, il n'y a aucun doute là-dessus, a-t-il indiqué. Ce que nous tentons de déterminer, c'est à quel moment cette approbation aura lieu.»

LES PROJETS INDUSTRIELS LES PLUS POLLUANTS SELON GREENPEACE

Émissions additionnelles de CO2 d'ici 2020

Chine

Expansion des mines de charbon

1400 mégatonnes

Australie

Exportations de charbon

760 mégatonnes

Océan Arctique

Forages pétroliers et gaziers

520 mégatonnes

Indonésie

Exportations de charbon

460 mégatonnes

Canada

Extraction du pétrole des sables bitumineux

420 mégatonnes

États-Unis

Exportations de charbon

420 mégatonnes

Irak

Forages pétroliers

420 mégatonnes

Source : Greenpeace

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