Huit Nobel exhortent Harper d'arrêter d'exploiter les sables bitumineux

Huit prix Nobel de la Paix, dont l'archevêque... (Photo: Rodger Bosch, AFP)

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Huit prix Nobel de la Paix, dont l'archevêque sud-africain Desmond Tutu (notre photo), ont écrit au premier ministre Stephen Harper pour lui demander de mettre un terme à l'exploitation des sables bitumineux.

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Un éclairage sur la ruée vers l'or noir. »

Bob Weber
La Presse Canadienne
Edmonton

L'archevêque Desmond Tutu et sept autres lauréats du prix Nobel de la paix ont signé une lettre demandant au premier ministre Stephen Harper de faire ce qu'il peut pour stopper la croissance de l'industrie des sables bitumineux de l'Alberta.

La lettre au premier ministre canadien a été écrite trois semaines après que plusieurs lauréats du prestigieux prix eurent écrit une lettre au président américain Barack Obama lui demandant de bloquer le projet d'oléoduc Keystone XL, qui ferait augmenter les exportations vers les États-Unis de pétrole issu des sables bitumineux albertains.

«De la même manière que nous avons demandé au président Obama de rejeter l'oléoduc, nous vous demandons d'utiliser votre pouvoir pour faire cesser l'expansion des sables bitumineux, et vous assurer que le Canada se dirige vers un futur énergétique propre», lit-on dans la lettre, obtenue via l'organisme Nobel Women's Initiative.

La lettre adressée à M. Harper a été paraphée par tous les signataires de la missive destinée au président Obama, à l'exception du dalaï-lama. Ce dernier, explique Jody Williams, également lauréate du Nobel de la paix, n'a pu être joint à temps.

Les lauréats du prix Nobel soulignent que M. Harper a déjà soutenu que le changement climatique est peut-être la plus grande menace pour l'avenir de l'humanité. Ils lui demandent de passer de la parole aux actes en utilisant les pouvoirs fédéraux pour freiner la croissance de l'industrie des sables bitumineux.

Dans la lettre, les auteurs expliquent qu'il «serait préjudiciable pour l'humanité de choisir une voie qui assurerait l'extinction de centaines de milliers d'espèces.

«Ce sera préjudiciable pour une riche minorité des habitants de la planète de créer un problème comme le changement climatique et ensuite de refuser de faire sa juste part pour le régler», poursuivent-ils.

La lettre précise que le Canada est bien placé pour être un leader dans la lutte aux changements climatiques. La missive salue notamment la loi ontarienne visant à cesser l'exploitation des centrales électriques au charbon, qui émettent beaucoup de gaz à effet de serre, qualifiant le tout de meilleure loi pour faire la promotion des énergies renouvelables en Amérique du Nord.

En plus de l'archevêque Tutu, les signataires de la lettre sont Mairead Maguire, Betty Williams, Adolfo Pérez Esquivel, Rigoberta MenchDu Tum, José Ramos-Horta, Jody Williams et Shirin Ebadi.

Ils ont été récompensés pour leurs efforts de promotion de la paix et de défense des droits de la personne en Afrique du Sud, au Timor oriental, en Irlande du Nord, en Argentine, en Iran et au Guatemala, ainsi que pour des causes comme l'interdiction des mines anti-personnel.

Mme Jody Williams a indiqué que l'intérêt du groupe dans les sables bitumineux est présent depuis longtemps. Elle s'est présentée à l'Université de l'Alberta il y a plusieurs années pour s'exprimer contre ce type d'exploitation des hydrocarbures, a-t-elle précisé.

Mme Williams ne s'attend cependant pas à une réponse de la part de membres du gouvernement fédéral. «Je ne crois pas vraiment qu'ils s'en préoccupent», a-t-elle dit.

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