Manifestation d'opposants au gaz de schiste à Montréal

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ive. «Ça prend une évaluation qui couvre plus largement ce qui se passe au niveau de l'exploitation des gaz de schiste avant qu'on puisse continuer à faire quoi que ce soit», a déclaré la chef du Parti québécois, Pauline Marois, qui participait à la marche.

Photo: Bernard Brault, La Presse

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Gaz de schiste
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Des milliers de personnes ont manifesté au centre-ville de Montréal pour demander l'adoption d'un moratoire sur l'exploitation du gaz de schiste.

«Je ne veux pas être une cobaye!» Samedi après-midi, Kathleen Potvin a quitté son petit village des Bois-Francs pour se joindre à des milliers de citoyens venus à Montréal pour crier leur opposition à l'exploitation du gaz de schiste. Défilant dans les rues du centre-ville, les manifestants ont réclamé l'adoption d'un moratoire sur la question.

Venus notamment de la Montérégie, de Québec et du Bas-Saint-Laurent, les manifestants, qui étaient près de 10 000 selon les organisateurs, demandent que les travaux d'exploration et d'exploitation effectués par les compagnies gazières dans plusieurs municipalités du Québec soient suspendus et que des études sur leurs impacts environnementaux soient faites.

«Je n'en veux pas chez moi, a lancé Kathleen Potvin qui réside à Saint-Louis-de-Blandford. Je ne veux pas être une victime.» L'an dernier, la compagnie gazière Junex a obtenu le permis de forer un puits à trois kilomètres de sa résidence. «Nous avons peur de la pollution, a ajouté son mari, Jean-Claude Roy. Il y a la rivière Bécancour à côté et les canneberges!»

Partis du siège social d'Hydro-Québec, les manifestants ont marché au son des tam-tam jusqu'aux bureaux du premier ministre Jean Charest, en scandant des slogans et en brandissant pancartes colorées et éoliennes en papier. Plusieurs militants de divers groupes environnementaux, politiciens et artistes, dont Pauline Marois, Amir Khadir, Dan Bigras et Armand Vaillancourt, ont pris part à la marche qui s'est déroulée dans une ambiance festive. «Ça prend une évaluation qui couvre plus largement ce qui se passe au niveau de l'exploitation des gaz de schiste avant qu'on puisse continuer à faire quoi que ce soit», a déclaré la chef du Parti québécois, Pauline Marois.

Voisine d'un puits de gaz de schiste depuis 2007, Odette Larin a participé à l'événement avec ses enfants et petits-enfants. Cette citoyenne de Saint-Louis-sur-Richelieu est bien connue des opposants au gaz de schiste pour avoir déposé avec son mari une requête en Cour supérieure contre les compagnies Gastem et Forest Oil. «Nous connaissons bien les nuisances des puits de gaz de schiste, a-t-elle mentionné. En 2008, il y a eu une fracturation au puits et des travaux y ont été effectués 24 heures sur 24. Nous avons dû vivre avec la poussière, le bruit, la lumière des torchères et la circulation de véhicules lourds. Pour les compagnies gazières, le profit, c'est tout ce qui compte.»

Le chanteur Dan Bigras a déploré que la population ne soit pas écoutée par les instances gouvernementales. «Le gouvernement travaille visiblement avec la grosse industrie depuis des années, a-t-il dénoncé. Ça a causé des dégâts importants à énormément d'endroits. Mais, si un jour c'est démontré sérieusement que c'est propre, ça devrait être Underground Québec. C'est nos terres. On n'est pas un terrain de jeu pour que les gros se fassent de l'argent.»

L'auteur-compositeur-interprète Paul Piché s'est pour sa part dit optimiste de voir la mobilisation citoyenne faire changer de position le gouvernement Charest. «La population est éveillée comme jamais, a remarqué Paul Piché. La conscience environnementale est là. Qu'il (le gouvernement) soit averti.»

Les participants à la grande marche de la campagne Moratoire d'une Génération ont fait une entrée triomphale au milieu de la foule avant le départ de la marche. Partis à pied de Rimouski le 16 mai dernier, ces citoyens sont arrivés à Montréal 33 jours et 666 kilomètres plus tard après s'être arrêtés dans 33 municipalités pour revendiquer un moratoire de 20 ans sur le gaz de schiste.

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