Le gaz de schiste n'aidera en rien le climat, selon une étude

Selon les calculs du centre Tyndall, la mise... (PHOTO: DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Selon les calculs du centre Tyndall, la mise en exploitation des gisements de gaz de schiste ajouterait de 46 à 183 milliards de tonnes de gaz carbonique dans l'atmosphère entre 2010 et 2050.

PHOTO: DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Charles Côté
La Presse

L'exploitation du gaz de schiste est loin d'être un outil dans la lutte contre les changements climatiques. Au contraire, sa découverte retardera les investissements nécessaires dans les technologies réellement vertes.

C'est la conclusion d'une nouvelle étude du centre de recherche Tyndall sur les changements climatiques, à l'Université de Manchester, en Angleterre.

Cette étude contredit un des plus grands arguments de vente de l'industrie du gaz de schiste aux États-Unis, argument qui a conquis de nombreux écologistes américains, qui voient dans le gaz un carburant capable de déloger le charbon.

Certains observateurs attribuent à la percée du gaz de schiste et à la baisse du prix du gaz le fait qu'aucune centrale thermique au charbon n'a été mise en chantier aux États-Unis depuis deux ans.

Mais, selon le centre Tyndall, c'est un leurre. «Il est difficile d'envisager autre chose que le gaz de schiste s'additionnant aux autres carburants fossiles et ajoutant au fardeau de carbone» dans l'atmosphère, affirme-t-on.

Selon leurs calculs, la mise en exploitation des gisements de gaz de schiste ajouterait de 46 à 183 milliards de tonnes de gaz carbonique dans l'atmosphère entre 2010 et 2050.

«Si on regarde les États-Unis, il y a peu d'indices portant à croire que le gaz se substitue au charbon... Il est possible que de telles substitutions se produisent dans certains pays, mais, dans le monde actuel, où globalement la consommation d'énergie est en croissance, et en l'absence d'une contrainte significative pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), il y a peu d'incitatifs du point de vue du prix à se tourner vers des carburants qui émettent moins de carbone.»

Le rapport du centre Tyndall paraît alors que les découvertes de gaz de schiste se multiplient en Europe et ailleurs.

Il conseille d'appliquer le principe de précaution et de ne pas autoriser l'exploitation de la ressource sur le territoire britannique avant d'en savoir plus sur les impacts du gaz de schiste sur l'eau souterraine et la qualité de l'air.

> Consultez le rapport

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