La Chine veut devenir leader en énergies propres

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Sur le site d'une ancienne mine de charbon effondrée, un lac de l'Anhui abrite désormais quelque 160 000 panneaux solaires posés à la surface de l'eau.

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Julien GIRAULT
Agence France-Presse
PÉKIN

Tandis que les États-Unis annonçaient leur retrait de l'accord de Paris, la Chine inaugurait la plus grande centrale solaire flottante du monde. Un symbole : Pékin, qui accueille cette semaine un forum international sur le sujet, s'autoproclame champion des énergies propres.

Sur le site d'une ancienne mine de charbon effondrée, un lac de l'Anhui abrite désormais quelque 160 000 panneaux solaires posés à la surface de l'eau.

Ce site d'une ampleur inédite, pouvant générer 40 mégawatts, vient d'être relié au réseau électrique. De la houille au photovoltaïque : l'emblème est idéal pour la transition que Pékin appelle de ses voeux, dans un pays dont 62 % de la production électrique provient toujours du charbon.

« Le retrait des États-Unis de l'accord de Paris offre une occasion sans précédent à la Chine », premier pollueur du globe, « de prendre l'ascendant dans le dossier climatique », observe Frank Yu, expert énergie du cabinet Wood Mackenzie.

Hasard du calendrier, quelques jours après la décision du président américain Donald Trump de sortir de l'accord de Paris, Pékin organisait un forum sur les énergies propres, en présence d'une vingtaine de pays.

L'occasion pour le régime de marteler, par la voix du vice-premier ministre Zhang Gaoli, son engagement à « accélérer » ses investissements et réformes pour doper le déploiement d'énergies renouvelables. Le pays produit déjà les deux tiers des panneaux solaires de la planète.

« Moteur économique »

« Pékin peut avoir le sentiment de dominer le jeu » face à l'effacement des Américains, d'autant que « la Chine avance déjà très vite, avec ou sans les États-Unis, en termes d'investissements » et d'innovations, décrypte Alex Perera, codirecteur de l'association WRI Energy Program.

La réunion de Pékin se veut une vitrine des efforts des collectivités et entreprises chinoises dans les énergies renouvelables.

« La Chine est un moteur majeur pour l'économie décarbonée », a reconnu le gouverneur de Californie Jerry Brown. Présent à Pékin, qui lui a déroulé le « tapis vert », ce farouche défenseur des énergies vertes a signé un protocole d'accord avec le président Xi Jinping, ainsi qu'un pacte de coopération avec la province du Sichuan.

Une autre facette de l'activisme diplomatique du régime chinois. « Nous continuerons à renforcer nos coopérations concrètes avec la Californie, mais également avec d'autres États, villes et entreprises au sein des États-Unis », a glissé Xie Zhenhua, négociateur climat de la Chine.

« Marché du carbone »

Selon Frank Yu, la Chine devrait solliciter une coopération accrue avec l'Union européenne « pour accélérer le lancement de son marché national du carbone » sur le modèle européen.

« C'est un sujet en discussion et la Chine est prête » pour cela, a confirmé à l'AFP Maros Sefcovic, vice-président de l'UE.

Le géant asiatique est depuis 2012 le premier investisseur mondial dans les énergies propres, ayant déboursé l'an dernier quelque 88 milliards de dollars dans l'éolien ou le solaire, selon l'agence Bloomberg.

Résultat : ses capacités dans le solaire ont plus que doublé en 2016. L'objectif officiel que, d'ici 2030, 20 % de la consommation chinoise provienne d'énergies à faibles émissions (nucléaire compris), contre 11 % actuellement.

« Il faut prendre ces promesses au sérieux », observe Helen Clarkson, présidente de l'organisation Climate Group. Pékin est désireux de combattre une pollution atmosphérique endémique, mais est aussi motivé par l'intérêt financier, car le pays « engrange déjà les bénéfices économiques » des énergies propres.

Le défi n'a pas échappé au secrétaire américain à l'Énergie Rick Perry, qui a assuré vendredi à Pékin qu'il n'y avait « pas de retrait américain » sur la question climatique.

« C'est très bien que la Chine tente de s'emparer du titre de champion mondial des réductions d'émissions » de CO2, mais la réalité, « c'est que les États-Unis sont numéro un dans ce domaine, et qu'ils le resteront », a-t-il insisté.




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