Le Costa Rica en route vers une énergie 100% renouvelable

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Le complexe, situé en pleine jungle près de la ville de Siquirres, à une centaine de kilomètres à l'est de la capitale, produira à terme 305,5 mégawatts d'électricité, assez pour fournir près de 525 000 familles, dans un pays qui compte environ cinq millions d'habitants.

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Marco SIBAJA
Agence France-Presse
SIQUIRRES, Costa Rica

Au milieu du canyon du fleuve Reventazon, près de la côte Caraïbes du Costa Rica, la construction d'une gigantesque centrale hydroélectrique est sur le point de s'achever, rapprochant le pays de son objectif ambitieux : une énergie 100 % renouvelable.

Ce projet pharaonique est le deuxième plus grand chantier d'infrastructure de l'isthme centraméricain, après celui de l'agrandissement du canal de Panama.

Le complexe, situé en pleine jungle près de la ville de Siquirres, à une centaine de kilomètres à l'est de la capitale, produira à terme 305,5 mégawatts d'électricité, assez pour fournir près de 525 000 familles, dans un pays qui compte environ cinq millions d'habitants.

Il s'agira alors de la plus grande centrale hydroélectrique d'Amérique centrale, permettant au Costa Rica d'être désormais tout proche de son but affiché depuis plusieurs décennies, atteindre une production énergétique 100 % renouvelable.

Une fois le chantier terminé, 99,4 % de la population sera fournie par le réseau d'énergie renouvelable.

Les dimensions du projet, mené par l'Institut costaricien d'électricité (ICE), impressionnent pour ce petit pays d'Amérique centrale, avec un budget de 1,379 milliard de dollars.

Quelque 29 000 tonnes d'acier et 760 000 mètres cubes de béton ont été nécessaires pour mener à bien la construction de la centrale, un chantier sur lequel travaillent 4000 ouvriers.

Confiant, le directeur Luis Roberto Rodriguez assure que les travaux suivent le calendrier, pour une mise en service en mars 2016.

Le projet a d'ores et déjà été salué comme un exemple de développement durable, mais également comme un modèle de financement.

«Il s'agit de l'un des meilleurs projets hydroélectriques que nous ayons vus en Amérique latine», commente l'Argentin Gian Franco Carassale, un responsable des investissements à la Banque interaméricaine de développement (BID).

M. Carassale souligne aussi les efforts de l'ICE pour limiter l'impact du chantier sur l'environnement, ainsi que l'engagement minimum des fonds de l'État.

«Le Costa Rica est l'un des rares pays dans le monde qui s'est fixé comme but de produire une énergie 100 % neutre en émission carbone. Le projet de Reventazon est une étape de plus vers cet objectif», observe-t-il.

97,1 % d'énergies renouvelables

En 2015, le Costa Rica projette d'avoir une production énergétique renouvelable à 97,1 %, le reste provenant de sources thermiques.

Actuellement, l'énergie hydroélectrique représente 66,39 % du total produit, devant 15,2 % de géothermie, 7,26 % d'éolien, 0,83 de biomasse et 0,01 % de solaire.

C'est grâce à cette politique ambitieuse qu'entre le 22 décembre 2014 et le 16 mars 2015, le pays a maintenu une production énergétique 100 % renouvelable, attirant l'attention de la communauté internationale.

Autour de la centrale, 140 mesures de contrôle de l'impact environnemental ont été mises en place, raconte Allan Rentana, responsable de l'environnement à l'ICE.

Le projet a également installé une zone forestière protégée pour connecter deux espaces boisés situés à proximité du barrage. Une mesure essentielle pour la préservation des jaguars, une espèce menacée qui disposera ici d'un vaste espace pour se déplacer, ajoute M. Retana.

Il est également prévu l'élaboration d'une étude, cinq ans après la mise en service du barrage, afin d'évaluer son impact sur la vie sauvage.

Le mode de financement «montre que l'ICE est à l'avant-garde sur la question, en permettant de faire appel aux financements privés sans avoir besoin d'un appui substantiel du gouvernement», explique M. Carassale.

L'Institut a investi 152,2 millions de dollars, alors que la BID a financé le projet à hauteur de 97,8 millions.

Le reste des fonds a été apporté par la Banque mondiale, la Banque centraméricaine d'intégration économique, la Banque européenne d'investissement ainsi qu'un fonds administré par la banque espagnole Scotiabank.

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