Des cargos tractés par cerf-volant

En ajoutant un cerf-volant de 320 m2 à un... (ILLUSTRATION AFP/BEYOND THE SEA)

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En ajoutant un cerf-volant de 320 m2 à un navire de 200 m de long, l'économie en carburant est d'environ 25 % sur une traversée de l'Atlantique avec des vents favorables, soit 134 tonnes de CO2, explique à l'AFP Yves Parlier.

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Sandra FERRER
Agence France-Presse
BREST

Un porte-conteneurs géant tracté par... un cerf-volant : c'est le pari un peu fou du navigateur français Yves Parlier qui espère d'ici quatre ans équiper les navires de grande plaisance et de pêche, mais aussi les cargos, d'ailes inspirées du kitesurf pour une planète plus verte.

Ce navigateur détient l'un des plus beaux palmarès de la voile française. Son idée baptisée Beyond The Sea s'inscrit dans le cadre de projets innovants développés depuis dix ans en France au service de l'économie bleue.

En ajoutant un cerf-volant de 320 m2 à un navire de 200 m de long, l'économie en carburant est d'environ 25 % sur une traversée de l'Atlantique avec des vents favorables, soit 134 tonnes de CO2, explique à l'AFP Yves Parlier.

Des experts de l'ONU estiment quant à eux à 20 % la réduction possible de la consommation des navires grâce à une traction complémentaire par cerf-volant. Et quand on sait que 90 % du transport de marchandises mondial se fait par voie maritime, le calcul est vite fait en termes de réduction d'émissions de CO2.

«Le transport maritime, c'est 50 % de la consommation d'hydrocarbures au monde et 13 % des émissions de gaz à effet de serre», note Yves Parlier, selon qui «utiliser un appoint avec le vent aurait un impact assez considérable».

Une aile de 200 m2

Pour son projet, qui s'inscrit dans un programme visant à créer des navires propres, sûrs et plus économes, le navigateur a bénéficié d'une aide de 4,4 millions d'euros (plus de 6 millions de dollars) pour un budget estimé à 15 millions d'euros (près de 21 millions de dollars) sur quatre ans.

Ce projet lancé en septembre 2014 et testé sur un chalutier de 90 tonnes vise à concevoir d'ici quatre ans une aile de 200 m2 pour tracter des navires de 18 à 60 mètres, essentiellement des navires de pêche ou de grande plaisance, avant la conception d'un cerf-volant de 800 m2 destiné aux cargos.

Parmi les partenaires du navigateur français figurent le centre de recherche d'une école d'ingénieurs, ENSTA Bretagne, et l'armateur CMA-CGM, numéro trois mondial du transport maritime par conteneur. Ce groupe compte mettre à disposition un cargo sur une ligne régulière pour tester le dispositif.

«Ce n'est pas un projet gagné d'avance, il y a des difficultés à lever, c'est pour ça qu'on a lancé des programmes de recherche», analyse Kostia Roncin, enseignant-chercheur à l'ENSTA Bretagne.

Mais «en termes de stabilité des navires, il y a un gain considérable par rapport aux autres systèmes de propulsion aérodynamiques», souligne ce spécialiste en hydrodynamique navale.

Parmi les autres systèmes de propulsion éoliens étudiés dans le monde, on compte celui consistant à équiper des cargos d'ailes rigides rétractables, ainsi que la technique dite des «rotors Flettner» (de hauts cylindres animés d'un mouvement de rotation), connue depuis près d'un siècle, mais qui n'a jamais abouti à grande échelle.

Avantages du cerf-volant : son faible encombrement, son adaptabilité à n'importe quel type de bateau et le fait que le lancement, le pilotage et la récupération devraient être entièrement automatisés.

Des avantages mis en avant également par la société allemande SkySails, qui a déjà équipé quatre cargos de ce type d'ailes, les premiers et seuls à l'avoir été jusqu'à présent dans le monde, selon elle.

«Dans de bonnes conditions de vent, le système permet d'économiser jusqu'à 10 tonnes de fioul par jour», explique à l'AFP Stephan Wrage, directeur de cette entreprise. «Soit plus de 5000 $ et plus de 30 tonnes d'émissions de CO2».

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