Climat: la COP23 s'ouvre à Bonn sur de vibrants appels à agir

«Notre demande collective au monde est qu'il maintienne... (Photo PATRIK STOLLARZ, Agence France-Presse)

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«Notre demande collective au monde est qu'il maintienne le cap fixé à Paris» avec l'accord climat adopté fin 2015, a dit Frank Bainimarama, premier ministre fidjien et président de cette COP23, lors de la cérémonie d'ouverture.

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Catherine HOURS
Agence France-Presse
Bonn

La Conférence climat de l'ONU, la première depuis l'annonce du retrait américain, s'est ouverte lundi à Bonn sur des appels vibrants, notamment de son président fidjien, à agir urgemment contre le réchauffement planétaire.

«Notre demande collective au monde est qu'il maintienne le cap fixé à Paris» avec l'accord climat adopté fin 2015, a dit Frank Bainimarama, premier ministre fidjien et président de cette COP23, lors de la cérémonie d'ouverture.

Sous la pression de derniers bilans climatiques alarmants, la communauté internationale est réunie jusqu'au 17 novembre pour tenter d'avancer sur une urgente, mais délicate, mise en oeuvre de l'accord. Les États-Unis sont là aussi, en dépit du retrait de l'accord annoncé par le président Donald Trump, qui ne sera effectif qu'en 2020.

Vendredi, un rapport scientifique américain approuvé par la Maison-Blanche elle-même est venu le souligner: la période actuelle est la plus chaude de l'histoire de la civilisation moderne, et la situation va empirer sans une forte réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

L'année 2017 devrait être l'année la plus chaude recensée en l'absence d'El Niño, phénomène météorologique cyclique qui renforce les températures, indique l'Organisation météorologique mondiale dans un bilan publié lundi à Bonn.

«Les trois dernières années sont les plus chaudes qui aient jamais été enregistrées et s'inscrivent dans la tendance au réchauffement à long terme de la planète», souligne le secrétaire général de l'OMM, Petteri Taalas.

Quelques jours avant la COP, un bilan de l'ONU a mis en garde contre l'écart «catastrophique» entre actions et besoins, au terme d'une année marquée par des désastres de grande ampleur, comme le dérèglement climatique en promet selon les experts (Irma le plus fort ouragan jamais mesuré dans l'Atlantique, Harvey qui généra les pluies les plus diluviennes relevées après un ouragan...).

Pour la première fois, une COP est présidée par un petit État insulaire, de ceux parmi les plus menacés et aussi les plus impliqués dans ce combat.

«Si les scènes de dévastation dans les Caraïbes ne fournissent pas de preuves suffisamment claires de la réalité des pertes, alors je ne sais pas ce que c'est», a dit le Maldivien Thoriq Ibrahim, président de l'Alliance des petites îles (AOSIS).

«Heureusement, nous voyons tout le soutien apporté à l'accord de Paris depuis 2015, du terrain jusqu'aux plus hauts niveaux, et de grandes économies annonçant des initiatives ambitieuses. Nous espérons que cette dynamique se poursuivra», a-t-il ajouté.

«Feux d'artifice» ?

Pour rester sous 2°C de réchauffement, le pic d'émissions de gaz à effet de serre doit survenir au plus tard en 2020, préviennent les scientifiques. Or, les engagements des États étant insuffisants pour y parvenir, tout l'enjeu est de les amener à réviser leurs ambitions à la hausse. Et la première étape sera de lancer à Bonn un «dialogue» d'une année, autour des actions menées et à mener.

L'autre mission concrète de cette COP23 sera d'avancer sur les règles d'application de l'accord de Paris, une phase technique et éminemment politique: comment les pays rendent compte de leurs actions, quel suivi pour l'aide financière promise par les pays riches, etc.

Le tout sur fond d'inconnue américaine. Washington, qui veut sortir de l'accord, mais ne pourra le faire concrètement avant novembre 2020, a réaffirmé son intention de participer aux débats sur les règles d'application, dans l'idée de «protéger (ses) intérêts» nationaux.

«Nous n'imaginons pas de grands «feux d'artifice»» du côté américain, dit cependant Andrew Steer, du think tank World Resources Institute, basé à Washington.

Pour cet expert, «cette COP est très importante, car les enjeux sont grands: dans les deux ans, nous devrons voir non seulement les États faire ce qu'ils ont promis de faire, mais s'engager à plus encore». Boom des énergies renouvelables, efforts de la Chine... «Le tableau est encourageant. Le seul problème est que cela ne va pas assez vite».

Environ 20 000 participants sont attendus à Bonn: délégués, chefs d'État (l'Allemande Angela Merkel et le Français Emmanuel Macron le 15), activistes, scientifiques, mais aussi représentants de collectivités ou d'entreprises.

Ils se répartiront entre la zone des négociations et une vaste zone de démonstrations des solutions concrètes (cette année sans pavillon américain).




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