Réchauffement: l'écosystème des parcs nationaux risque de changer radicalement

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Le parc national de Banff près de Lake Louise, en Alberta.

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Bob Weber
La Presse Canadienne
EDMONTON

Une majorité de parcs nationaux et d'aires protégées au Canada seront rendus méconnaissables d'ici 100 ans sous l'effet des changements climatiques, conclut une étude fédérale.

Marc-André Parisien, du Service canadien des forêts, est coauteur d'une étude consacrée à la migration des «régions écologiques» provoquée par les changements climatiques.

L'étude estime par exemple que le climat actuel dans l'ouest du Montana, le nord de l'Idaho et une partie du Colorado va éventuellement migrer jusqu'au parc national de Banff, au nord. Ce qui définit actuellement le plus vieux parc national canadien - températures, précipitations, humidité, saison de végétation - sera donc chose du passé et il faudra s'en remettre aux cartes postales d'antan, croient les chercheurs.

M. Parisien et son équipe ont d'abord calculé le rythme de migration des zones climatiques, et estimé jusqu'où seront poussés les écosystèmes d'ici la fin du siècle. Ils ont ensuite superposé cette carte sur celle des 4512 aires protégées au Canada, aux États-Unis et au Mexique.

Résultat: le climat qui a défini près de 80 pour cent de ces aires aura migré plus loin - parfois à des centaines de kilomètres, soutient M. Parisien. Et ce sont les parcs nationaux canadiens qui risquent de changer le plus de visage.

L'étude prédit que le climat qui a façonné les Rocheuses dans les parcs nationaux de l'Alberta et de la Colombie-Britannique se déplacera des milliers de kilomètres plus loin d'ici la fin du siècle. L'image d'Épinal des montages Rocheuses sera reléguée aux musées. D'ailleurs, la plupart des parcs nationaux du pays perdront leur climat actuel, à l'exception de ceux de certaines régions côtières du nord de la Colombie-Britannique et du Nunavut, croient les chercheurs.

«Ce changement, sur une période de 100 ans, constituera un défi pour de nombreuses espèces», prévoit M. Parisien. «Pour un insecte ou un oiseau, ça peut être plus facile. Mais pour un arbre ou une plante rare, ce sera autre chose.»

Les projections des chercheurs s'appuient sur l'utilisation actuelle des combustibles fossiles. Cette prévision serait beaucoup moins sombre si l'on pouvait réduire les émissions de gaz carbonique pour maintenir le réchauffement de la planète sous la barre des deux degrés Celsius.

Par contre, il faudra faire vite, car des changements apparaissent déjà, prévient M. Parisien. Ainsi, les forêts dans la région d'Edmonton ont déjà commencé à se transformer sous l'effet des changements climatiques. «Ces sécheresses complètement folles des 15 dernières années ont tué beaucoup d'arbres», note le chercheur.

«On voit déjà plusieurs forêts de trembles se transformer en un écosystème d'arbustes, de type prairies. Et tout ça se déroule sur une période de 10 ou 15 ans.»

M. Parisien croit que ces données devraient guider les législateurs pour qu'ils créent de nouvelles aires protégées à proximité des aires actuelles, afin de permettre aux espèces de migrer en même temps que le climat.




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